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Frédéric Saint-Geours: "l'impôt sur l'EBE est une fausse bonne idée"

Frédéric Saint-Geours, pésident du Groupe des fédérations industrielles, était l'invité d'Hedwige Chevrillon le 25 septembre.

Frédéric Saint-Geours, pésident du Groupe des fédérations industrielles, était l'invité d'Hedwige Chevrillon le 25 septembre. - -

Le président du Groupe des fédérations industrielles (GFI), chargé de mission auprès du président du directoire de PSA, fustige l'impôt sur l'excédent brut d'exploitation prôné par le gouvernement.

Le climat des affaires s'est amélioré en France en septembre, mais l'Insee note des difficultés persistantes dans l'industrie. "Il n'y a pas de reprise industrielle en France aujourd'hui", a tranché Frédéric Saint-Geours, ce mercredi 25 septembre sur BFMBusiness.

Le président du GFI, par ailleurs chargé de mission auprès du président du directoire de PSA, a dénoncé avec virulence certains arbitrages du gouvernement dans le Budget 2014. Dans sa ligne de mire, l'impôt sur l'excédent brut d'exploitation (EBE) qui figure dans le projet de loi de finances 2014. L'EBE est constitué du chiffre d'affaires, duquel on déduit les salaires et les achats, mais pas les amortissements (étalement du coût d'un investissement).

Autrement dit, plus les entreprises font de lourds investissements, plus elles seront taxées. Une entreprise comme France Télécom par exemple, qui investit massivement dans les réseaux, pourrait devoir payer "200 à 250 millions d'euros pour cet impôt sur l'EBE", s'est indigné le représentant des industries.

Aucune étude d'impact sérieuse

"Il faut que le gouvernement retire cette idée de son projet de loi", a plaidé l'ex-candidat à la présidence du Medef. Il reconnaît que faire passer la fiscalité des facteurs de production au résultat des entreprises est logique, sur le principe. Mais s'arrêter à l'EBE va selon lui pénaliser l'investissement.

Or il se situe déjà "20% en-deçà de son niveau d'avant crise". "Plus grave", "il continue de ralentir". Avec pour effet de laisser "vieillir l'outil industriel français, ce qui rendra difficile pour les entreprises de profiter de la reprise lorsqu'elle sera là".

Il a noté par ailleurs que les analystes financiers internationaux mesurent justement la valeur des entreprises en observant leur EBE. "Donc en le taxant, on va diminuer la valeur de toutes les entreprises françaises". "Une très mauvaise idée" pour Frédéric Saint-Geours qui déplore "qu'aucune étude d'impact sérieuse n'ait été menée".

2,5 milliards, la somme qu'est censée rapporter ce nouvel impôt. C'est "deux millièmes de la dépense publique annuelle", précise-t-il. "N'est-il vraiment pas possible de faire des économies supplémentaires pour financer ce montant, plutôt que de faire de l'improvisation fiscale", s'est-il interrogé.

Nina Godart