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Fraude fiscale: 7 ans requis contre le fondateur de France Offshore

7 mois de prison ont été requis à l'encontre de Nadav Bensoussan

7 mois de prison ont été requis à l'encontre de Nadav Bensoussan - Nirot - Wikimedia - CC (image d'illustration)

Sept ans de prison et une amende de neuf millions d'euros ont été requis à l'encontre de Nadav Bensoussan, fondateur de France Offshore, accusé d'avoir aidé à blanchir plus de 700 millions d'euros.

Le parquet national financier a requis sept ans d'emprisonnement et une amende de neuf millions d'euros à l'encontre de Nadav Bensoussan, qui a selon lui monté un système "industriel" de fraude fiscale et de blanchiment sous le nom de "France Offshore".

En plus de cette peine d'une sévérité rarement vue pour des affaires financières, la représentante du PNF, Ulrika Delauney-Weiss, a demandé un mandat de dépôt, c'est-à-dire une mise sous les verrous immédiate. "Nadav Bensoussan a piétiné tout ce dont il a profité", a-t-elle asséné, rappelant le confortable train de vie d'un financier selon elle dominé par le "pur appât du gain", mais ayant fait en sorte d'être un "citoyen fiscalement fantôme" en France. La représentante du parquet a toutefois souligné qu'il n'avait pas fui la justice.

"Je me disais que c'était toléré", avait dit cet autodidacte de la finance âgé de 38 ans il y a presque un mois, au début de son procès pour fraude fiscale, faux et usage de faux, participation à une association de malfaiteurs, blanchiment, escroquerie en bande organisée...

Plus de 700 millions d'euros blanchis

Nadav Bensoussan promettait à la télévision et dans la presse le "paradis fiscal" à tout le monde ou presque: commerçants, petits patrons, professions libérales, toute un clientèle qui n'avait pas les moyens d'accéder aux coffres de la Suisse par exemple. Selon les enquêteurs, France Offshore aurait aidé à blanchir plus de 700 millions d'euros au minimum, pour le compte de "simples fraudeurs" (petits commerçants, professions libérales) ou de "délinquants" impliqués dans toutes sortes d'escroqueries (TVA et taxe carbone notamment). Le préjudice pour le fisc est estimé à quelque 300 millions d'euros.

Avec Patrice Amar, Ulrika Delaunay-Weiss a aussi, au nom du PNF, étrillé la banque lettonne Rietumu, maillon indispensable selon le parquet d'un système de "l'offshore pour tous", passé de "l'artisanat" à une dimension "industrielle" entre 2008 et 2012, malgré des avertissements à répétition du fisc notamment. Le PNF a ainsi requis quatre ans de prison à l'encontre d'Alexandre Pankov, dirigeant de la banque, et 18 mois avec sursis à l'encontre de son représentant en France, Sergejs Scuka. Le parquet a aussi requis une lourde amende de 90 millions d'euros à l'encontre de l'établissement lui-même, soit un peu plus que son dernier bénéfice net.

P.L avec AFP