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François Fillon maintient ferme la barre des réformes

Passé le choc de la défaite aux élections régionales, François Fillon a exhorté lundi la majorité à marcher main dans la main avec le gouvernement jusqu'en 2012 sans dévier du cap des réformes. /Photo prise le 24 mars 2010/REUTERS/Benoît Tessier

Passé le choc de la défaite aux élections régionales, François Fillon a exhorté lundi la majorité à marcher main dans la main avec le gouvernement jusqu'en 2012 sans dévier du cap des réformes. /Photo prise le 24 mars 2010/REUTERS/Benoît Tessier - -

PARIS - Passé le choc de la défaite aux élections régionales, François Fillon a exhorté lundi la majorité à marcher main dans la main avec le...

PARIS (Reuters) - Passé le choc de la défaite aux élections régionales, François Fillon a exhorté lundi la majorité à marcher main dans la main avec le gouvernement jusqu'en 2012 sans dévier du cap des réformes.

Le Premier ministre a participé à un séminaire de plus de deux heures et demie des parlementaires de l'UMP qui, après avoir "crevé les abcès" lors d'une première réunion mardi dernier, ont sonné l'heure de la "reconstruction politique".

Après avoir entendu leurs doléances, François Fillon s'est attaché à apaiser le climat dans la majorité et à rasséréner des élus en proie au doute en soulignant la nécessité de revenir aux "fondamentaux" de la droite, qui avaient présidé à la victoire de Nicolas Sarkozy en 2007.

Le chef du gouvernement a également nettement relativisé l'autocritique qui avait prévalu au lendemain de la défaite.

"Dans cette élection régionale, la gauche n'a pas gagné sur son projet, elle a gagné sur sa critique. Cela ne nous exonère pas de nos responsabilités, mais ça relativise quand même un peu l'adhésion des Français aux propositions du Parti socialiste", a-t-il déclaré lors d'un discours devant quelque 150 élus UMP.

Pour François Fillon, le cap politique de Nicolas Sarkozy est le bon, même si les Français ont manifesté une impatience "parfois violente" face au rythme des réformes "qui n'est pas le même que celui des attentes".

"Nous devons resserrer, ajuster, mais pas changer notre ligne politique", a-t-il martelé, assurant que la majorité était en phase sur ce point avec l'exécutif et que leur coopération "s'amplifierait".

"COMME UNE GIROUETTE"

"Malgré les critiques, malgré les doutes, je suis convaincu que l'estime qui nous est accordée par les Français est liée à notre courage de réformer", a-t-il expliqué. "Gouverner, ça n'est pas tourner au vent comme une girouette".

"Nous ne devons pas regretter d'avoir agi vite", a-t-il poursuivi, en réponse aux critiques de nombre d'élus de la majorité sur l'illisibilité de réformes "empilées".

"Que ce mouvement global rencontre aujourd'hui des grippages, franchement, ce n'est pas vraiment surprenant, qu'il provoque des incompréhensions, ça ne l'est pas non plus", a insisté François Fillon.

Il a réaffirmé que la réforme des retraites, la réduction des déficits, les mesures de soutien à la reprise, l'emploi, la sécurité et la réforme territoriale seraient les axes de la politique menée. La loi sur la burqa verra le jour, a-t-il assuré, malgré l'avis restrictif du Conseil d'Etat.

François Fillon n'a dit mot du bouclier fiscal, alors que plusieurs élus ont demandé sa suspension durant le séminaire, le temps que les finances publiques soient assainies. Il avait exclu tout retour en arrière dans Le Journal du Dimanche.

Le chef de file des députés UMP, Jean-François Copé, a salué "un rendez-vous de reconstruction psychologique et de construction politique".

Face aux fissures qui se font jour au sein de la droite - velléités d'indépendance du Nouveau Centre, lancement d'un parti "villepiniste", appels à des primaires pour 2012...-, il appelé à serrer les rangs autour du chef de l'Etat.

"Si 2012 est en ligne de mire (...), nous n'avons pas le droit de prendre le risque de la division", a-t-il lancé.

"C'est le lendemain d'une défaite que l'on commence à reconstruire les chemins de la victoire à venir", a-t-il conclu sous les applaudissements.

Nicolas Sarkozy recevra les parlementaires UMP mercredi soir à l'Elysée.

Sophie Louet et Emile Picy, édité par Yves Clarisse