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François Fillon accuse le PS de contradictions sur les retraites

Devant les députés mercredi, le Premier ministre François Fillon a convoqué de Michel Rocard à Martine Aubry pour dénoncer les erreurs, selon lui, du Parti socialiste sur les retraites. /Photo prise le 11 mai 2010/REUTERS/Jacky Naegelen

Devant les députés mercredi, le Premier ministre François Fillon a convoqué de Michel Rocard à Martine Aubry pour dénoncer les erreurs, selon lui, du Parti socialiste sur les retraites. /Photo prise le 11 mai 2010/REUTERS/Jacky Naegelen - -

PARIS - François Fillon a convoqué de Michel Rocard à Martine Aubry pour dénoncer mercredi devant les députés les erreurs, selon lui, du Parti...

PARIS (Reuters) - François Fillon a convoqué de Michel Rocard à Martine Aubry pour dénoncer mercredi devant les députés les erreurs, selon lui, du Parti socialiste sur les retraites.

Les joutes entre le Premier ministre et les élus du PS se poursuivent à l'Assemblée nationale à mesure que se dévoile, à demi-mot, le projet de réforme gouvernemental des retraites.

Le gouvernement entend briser le "dogme" de l'âge légal de départ à la retraite - 60 ans actuellement en France - mais ne précise pas pour l'heure jusqu'où il compte le repousser.

Deux jours avant une journée de mobilisation syndicale pour les retraites, Nicolas Sarkozy a fustigé mardi devant des militants UMP, à Beauvais (Oise), la décision de François Mitterrand, en 1982, de ramener l'âge de départ à la retraite de 65 à 60 ans.

Affirmant la "fierté" des socialistes d'avoir voté cette mesure, le chef de file des députés PS, Jean-Marc Ayrault, a interpellé à ce propos François Fillon, qui s'est employé à mettre les socialistes devant leurs contradictions.

Il a d'abord cité l'ancien Premier ministre socialiste Michel Rocard, qui le 19 janvier témoignait sur la radio BFM de ses sentiments à l'égard de la décision de François Mitterrand en 1982.

"Tous les ministres compétents en économie, Jacques Delors, moi et quelques-uns, nous étions catastrophés, nous savions très bien que cette mesure n'était pas compatible avec l'évolution de la démographie française."

François Fillon a estimé à l'appui de cette anecdote que le PS s'était "constamment trompé sur cette question des retraites".

"Mais il n'est pas trop tard. Vous pouvez encore participer activement, concrètement, à la consolidation des régimes de retraite de nos concitoyens", a-t-il dit à l'adresse de l'opposition, dans un climat houleux.

"En le faisant, vous ne vous trahiriez pas, vous ne trahiriez pas Laurent Fabius, ministre de l'Economie, qui déclarait le 20 mars 2002: 'Puisque l'espérance de vie augmente de trois mois, cela veut dire que les actifs doivent financer chaque année des retraités qui vivront trois de plus. Comment voulez-vous qu'il n'y ait pas un ajustement? Bien sûr qu'il y aura un ajustement'", a poursuivi le Premier ministre.

"En faisant cela, vous seriez fidèles à Dominique Strauss-Kahn qui déclarait il y a quelques jours fort opportunément que lorsqu'on vivra jusqu'à cent ans, il n'y a pas de raison de maintenir la retraite à 60 ans", a-t-il rapporté.

"Mais surtout en faisant cela, vous seriez fidèles à Mme Aubry, qui déclarait le 17 janvier dernier: 'On va aller, on doit aller à 61 ou à 62 ans'".

Martine Aubry, premier secrétaire du Parti socialiste, avait déclaré au Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro que la France devrait "aller très certainement vers" un départ à "61 ans ou 62 ans", sous conditions.

Sophie Louet, édité par Gilles Trequesser