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Une allocation pour les profs obligés de se former durant les vacances scolaires

Le tarif horaire de cette allocation est fixé à 20 euros brut, dans la limite d’un plafond de 60 euros par demi-journée et de 120 euros par journée.

Le tarif horaire de cette allocation est fixé à 20 euros brut, dans la limite d’un plafond de 60 euros par demi-journée et de 120 euros par journée. - Martin Bureau-AFP

Un décret publié au JO crée une allocation de formation de 120 euros/jour pour les enseignants qui se formeront pendant les vacances scolaires sur demande de leur administration. Jusqu'à 5 jours de formation par année scolaire pourront leur être imposés durant cette période.

La formation des enseignants durant les vacances scolaires à l'initiative de leur administration (et non plus sur la seule base du volontariat) est désormais possible. Cette obligation de suivre une formation pendant ces périodes découle d'un décret publié au JO du 8 septembre, créant une allocation de formation. Le texte précise qu'elle est "attribuée aux personnels enseignants de l'éducation nationale qui bénéficient lors des périodes de vacance des classes, à l'initiative de l'autorité compétente ou après son accord, d'actions de formation professionnelle".

Le tarif horaire de cette allocation s'élève à 20 euros brut, dans la limite d’un plafond de 60 euros par demi-journée et de 120 euros par journée. 

Pas plus de 5 journées par année scolaire

La durée de ces formations ne pourra pas dépasser 5 journées par année scolaire mais le texte publié explicite bien la possibilité pour l’administration d’imposer ces périodes sur les vacances des enseignants, même si la possibilité du volontariat reste ouverte.

Le décret prévoit que "l'autorité compétente informe les personnels, dès le début de l'année scolaire, des périodes de vacance de classes pendant lesquelles pourraient se dérouler de telles actions de formation". Le texte a aussi un effet rétro-actif, s'appliquant aux formations effectuées à compter du 1er avril 2019.

Cette possible obligation de formation imposée aux enseignants hors du temps scolaires avait été abordée pendant les débats parlementaires sur la loi Blanquer pour être abandonnée dans le texte final adopté et promulgué cet été.

Cette mesure avait été contestée par les syndicats de l'enseignement qui souhaitaient la réserver aux enseignants volontaires. "Présenté à deux reprises en comité technique ministériel en juin 2019, le texte a été l'objet d'une opposition entre syndicats et ministère" explique le site cafepedagogique.net, média web d'information sur l'éducation nationale en France. En l'état, la publication de ce décret risque d'aggraver le fossé existant entre une partie du monde enseignant et le ministre de l'Éducation nationale.

Frédéric Bergé