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Malgré l'inflation, l'économie française "continue à résister"

Selon la Banque de France, l'activité tricolore devrait progresser de 0,2% en novembre et de 0,1% sur l'ensemble du quatrième trimestre.

Contrairement à certains de ses voisins, l'économie française échappe encore à la récession. Selon la note de conjoncture de la Banque de France publiée ce jeudi, l'activité tricolore "continue à résister globalement" malgré un climat très incertain sur fond d'inflation, de guerre en Ukraine et de crise énergétique.

Après avoir reculé de 0,4% en octobre, la croissance du PIB devrait ainsi repasser dans le vert en novembre, à +0,2%. Sur l'ensemble du 4e trimestre, l'activité progresserait légèrement, de 0,1% par rapport au trimestre précédent.

"Selon les chefs d'entreprise participant à notre enquête*, l'activité au mois de novembre a progressé dans chacun des trois grands secteurs (industrie, services marchands, bâtiment, ndlr), de façon d'ailleurs plus prononcée qu'anticipé le mois dernier", se félicite la Banque de France.

Inquiétudes pour les mois à venir

La flambée des prix énergétique n'a toutefois pas été sans conséquence. Un quart des entreprises (24%) assure qu'elle a perturbé leur activité en novembre, dont 6% "fortement". Et pour les trois prochains mois, plus d'un tiers (35%) des sondés s'attendent à voir leur activité de nouveau affectée par l'évolution des prix et de la disponibilité de l'énergie, dont 42% dans l'industrie. Elles sont de surcroît 55% à estimer que cette situation aura un impact sur leurs marges.

Dans ces conditions, les prévisions pour décembre sont plus mitigées. Dans l'industrie, l'activité devrait stagner avec des disparités importantes. Elle se replierait dans les secteurs des équipements électroniques, des produits en caoutchouc du plastique ou encore dans la chimie mais progresserait dans la pharmacie, les produits informatiques, l'automobile, l'aéronautique et les transports. Les chefs d'entreprise du secteur tertiaire s'attendent eux à une nouvelle progression de leur activité en décembre, notamment dans l'hébergement-restauration.

Des difficultés d'approvisionnement et de recrutement en baisse, mais des coûts de production toujours élevés

Si l'activité résiste aussi bien, c'est aussi parce que les difficultés d'approvisionnement continuent de se replier et "sont désormais significativement au-dessous de leurs niveaux du printemps 2021", souligne la Banque de France. En novembre, 41% chefs d'entreprises industrielles disent avoir eu du mal à s'approvisionner, contre 43% en octobre et 48% en septembre. Même constat dans le bâtiment où 36% des chefs d'entreprises éprouvaient encore des difficultés d'approvisionnement le mois dernier, après 41% en octobre.

De nouvelles hausses de prix en novembre

Notons que les difficultés de recrutement s'éstompent également mais demeurent élevées (53% des chefs d'entreprises en novembre, après 55% en octobre), en particulier dans le secteur des service (57%, après 58%), alors qu'elles baissent davantage dans le bâtiment (55%, après 60%).

En revanche, les entreprises continuent de faire face à des coûts des matières premières et des produits finis particulièrement élevés. Résultat, une entreprise de l'industrie manufacturière sur 5 (21%) dit avoir augmenté ses prix de vente en novembre. C'est aussi le cas de près de la moitié des entreprises du bâtiment (47%) et de 17% des entreprises des services.

*8500 entreprises ou établissements interrogés entre le 28 novembre et le 5 décembre.

https://twitter.com/paul_louis_ Paul Louis Journaliste BFM Eco