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Les stocks et les loyers, "une bombe à retardement" pour le patron de la Fédération de l'habillement

Sur BFM Business, le président de la Fédération nationale de l'habillement, Eric Mertz, estime qu'il va falloir trouver rapidement des solutions à ces deux problèmes majeurs. Dans le cas contraire, il sera difficile d'éviter des faillites massives de petits commerces.

"La situation est grave", s'inquiète Eric Mertz, le président de la Fédération nationale de l'habillement (FNH) sur le plateau de Good Morning Business ce jeudi. "Si nous ne rouvrons pas le 15 novembre, les cessations de paiement seront massives", s'inquiète-t-il, rappelant que le secteur risque cette année de perdre "60 à 70% de chiffre d'affaires".

Or, tout porte à croire que le gouvernement n'annoncera pas ce jeudi la réouverture des commerces non-essentiels et donc des boutiques de vêtements. Et il ne faudra pas compter sur le e-commerce pour compenser: "soyons réalistes, ça fait 5 ou 10% d'un mois normal", souligne le responsable.

"Arrêter de tourner autour du pot"

En attendant la réouverture, Eric Mertz fait pression pour que le gouvernement s'attaque à deux "bombes à retardement" que sont le problème des stocks et celui des loyers.

"Il va falloir qu'on trouve une solution pour financer le stock résiduel. Soit ça passera par de la perte d'exploitation (...) mais ça ne sera pas de la dette. On a un niveau d'endettement qui est de l'ordre de 40% donc ça ne peut pas fonctionner avec de la dette. (Soit) les réductions d'impôts? (Encore) faut-il pouvoir faire effectivement du bénéfice. (...) On va devoir attendre que l'Etat fasse un effort concret pour nous aider", plaide Eric Mertz.

Concernant les loyers, "on a des propositions", affirme le dirigeant. "Il faut arrêter de tourner autour du pot. On peut décaisser les dépôts de garantie, il n'y a pas de contrainte juridique, ce n'est pas compliqué. Ensuite, qu'on fasse une reconstitution du dépôt de garantie avec un crédit d'impôt au bailleur avec une prise en charge à 100%", contre 30% actuellement. Si un bailleur renonce à un mois de loyer sur la période octobre-décembre, il peut en effet récupérer 30% du loyer abandonné via ce dispositif. Alors que le gouvernement envisage de faire passer ce crédit d'impôt à 50% des loyers annulés, "ce n'est pas suffisant" assure Eric Mertz.

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business