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Le gouvernement lance une consultation pour améliorer l'accompagnement des bénéficiaires du RSA

Depuis l'échec des négociations entre partenaires sociaux fin février, l'exécutif a repris la main sur la réforme de l'assurance chômage, avec un cycle de "consultations" avec patronat et syndicats.

Depuis l'échec des négociations entre partenaires sociaux fin février, l'exécutif a repris la main sur la réforme de l'assurance chômage, avec un cycle de "consultations" avec patronat et syndicats. - Christophe Archambault-AFP

Un "service public de l'insertion" doit "offrir une chance d'accéder à un emploi" aux bénéficiaires du Revenu de solidarité active.

Le gouvernement a lancé lundi une consultation pour créer en 2020 un "service public de l'insertion", guichet unique permettant de garantir le même accompagnement aux plus éloignés de l'emploi, notamment bénéficiaires du RSA, une promesse d'Emmanuel Macron pour lutter contre la pauvreté.

Mesure phare de la stratégie pauvreté présentée il y a un an par le chef de l'Etat, ce service public de l'insertion doit permettre "d'aller vers" les plus démunis, tels que les bénéficiaires du RSA ou encore de l'Allocation adulte handicapé, et leur "offrir une chance d'accéder à un emploi", a résumé la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, en présentant cette consultation.

"Il ne s'agira pas d'une institution de plus mais d'un changement d'approche", a-t-elle expliqué lors d'une réunion avec les associations, les collectivités, les partenaires sociaux et les opérateurs comme Pôle emploi. "Il faut tous se mettre autour de la table pour pouvoir créer des parcours sans coupure, pour et avec le bénéficiaire."

Conduite par Jean-Marie Marx, haut-commissaire aux compétences et à l'inclusion par l'emploi, et Olivier Noblecourt, délégué interministériel à la lutte contre la pauvreté, la concertation devrait durer jusqu'à fin janvier. Elle s'articulera autour de quatre axes: les objectifs d'un service public de l'insertion (SPI), les parcours des allocataires, l'offre de service et son implantation territoriale, et la gouvernance et le financement du SPI. 

Le SPI fera ensuite l'objet d'un texte de loi début 2020, le même que celui instituant le Revenu universel d'activité (RUA), vaste chantier de fusion des prestations sociales.

1,88 million de bénéficiaires

Fin mars, on comptait 1,88 million de bénéficiaires du RSA, percevant en moyenne 496 euros mensuels. Une situation souvent durable puisque près de 50% des bénéficiaires le sont toujours quatre ans plus tard.

En 20 ans, les dépenses d'accompagnement sont passées de 20% à 7% du budget dédié, soit 670 millions d'euros sur 10,27 milliards en 2017 en France métropolitaine. 

Selon une étude de 2017, 94 jours s'écoulent entre le moment où une personne entre dans le RSA et son premier rendez-vous. Ensuite, il s'écoule encore en moyenne 58 jours avant la signature d'un "contrat d'engagement réciproque" entre l'allocataire et l'organisme qui le suit. 

"50% des bénéficiaires du RSA n'ont pas d'accompagnement au bout de six mois, ça n'est pas normal", a jugé la secrétaire d'Etat Christelle Dubos, plaidant pour que soit créé "un droit universel à l'accompagnement". 

Conformément aux engagements de la stratégie pauvreté, l'Etat a d'ores et déjà attribué 135 millions d'euros aux départements qui se sont engagés sur des résultats en matière de lutte contre la pauvreté, notamment dans l'accompagnement des bénéficiaires du RSA. Des fonds qui seront portés à 210 millions en 2022, a précisé Christelle Dubos.

JM avec AFP