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Édouard Philippe: "je suspends pour une durée de 6 mois les mesures fiscales" sur les carburants

Le Premier ministre a annoncé ce mardi la suspension de la hausse de la fiscalité sur les carburants prévu pour le 1er janvier prochain.

"Aucune taxe ne mérite de mettre en danger l'unité de la Nation", a déclaré Édouard Philippe ce mardi. Le chef du gouvernement a fait allusion aux quatre personnes qui ont perdu la vie alors qu'elles participaient à des mobilisations des gilets jaunes ces dernières semaines, ainsi qu'aux manifestants et policiers blessés.

Le mouvement des gilets jaunes étant né d'une contestation de la hausse des taxes sur les carburants, le président de la République et le Premier ministre ont décidé, "dans un souci d'apaisement", de mettre en place un moratoire sur les "trois mesures fiscales qui devaient entrer en vigueur au 1er janvier", a annoncé Édouard Philippe. Il s'agit de la hausse de la taxe carbone, de la convergence de la fiscalité sur le diesel avec celle de l'essence et de l'alignement de la fiscalité du gazole non routier (GNR) sur celle des particuliers.

"Je suspends pour une durée de 6 mois ces mesures fiscales", a-t-il promis, avant de préciser qu'elles "ne s'appliqueront pas avant d'être débattues par toutes les parties prenantes". "Nous voulons, dans ce laps de temps, identifier et mettre en œuvre des mesures d’accompagnement justes et efficaces. Si nous ne les trouvons pas, nous en tirerons les conséquences."

Dans son projet de budget pour 2019 tel que présenté à l'Assemblée nationale, le gouvernement prévoit que la hausse de la taxe sur les carburants, la TICPE, génère au total 3,7 milliards d'euros de recettes supplémentaires. En suspendant sur la moitié de l'année les mesures fiscales citées plus haut, l'État va donc se passer d'environ 1,8 milliard d'euros, soit 0,6% du total des recettes prévues pour l'ensemble de l'année 2019. Pour compenser cette perte, le gouvernement prévoit de réaliser des économies supplémentaires, selon Bercy.
J.-C.C.