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Consigne sur les bouteilles en plastique: les Français plébiscitent massivement cette mesure

Brune Poirson, la secrétaire d'État à la Transition énergétique, commence à défendre son projet de loi pour l'économie circulaire ce mardi au Sénat.

Brune Poirson, la secrétaire d'État à la Transition énergétique, commence à défendre son projet de loi pour l'économie circulaire ce mardi au Sénat. - LUDOVIC MARIN / AFP

Les sénateurs et des lobbies critiquent le projet du gouvernement d’instaurer une consigne sur les bouteilles, et l’ont modifié en commission. Mais les Français, eux, sont 9 sur 10 à applaudir cette mesure, selon un sondage Ipsos.

C’est un plébiscite. Une majorité indiscutable de Français, 9 sur 10, se déclarent favorables à l’instauration d’une consigne sur les emballages de boissons, selon une enquête Ipsos publiée mardi. 92% d’entre eux affirment d’ailleurs que si la mesure contenue dans le projet de loi économie circulaire était instaurée, ils ramèneraient leurs bouteilles en point de collecte.

S’ils sont aussi convaincus par la consigne, c’est qu’ils estiment à 90% qu’elle sera efficace pour protéger l’environnement, notamment parce qu’elle va permettre de réduire le nombre d’emballages jetés dans la nature.

Les Français considèrent par ailleurs à 88% que la consigne a déjà fait ses preuves, à 77% qu’elle est aisée à mettre en place, et à 85% que c’est une bonne mesure puisqu’elle ne coûte rien au consommateur. Sur ce dernier point en revanche, 13% des Français jugent à l’inverse la consigne "injuste", car les Français qui ne rapportent pas leurs emballages vont en supporter le coût.

L’enquête révèle aussi à quel point la préservation de l’environnement est devenue la priorité des Français. Ils se déclarent ainsi prêts, à 96%, à "adopter des petits gestes du quotidien" pour "réduire leur impact environnemental" tandis que 87% pourraient "modifier réellement leurs habitudes au quotidien". Ils sont même 7 sur 10 à envisager de "repenser en profondeur la manière dont ils vivent".

L'image d'Épinal de la consigne

En revanche au Sénat, où le projet de loi économie circulaire commence à être discuté ce mardi en séance plénière, la consigne est loin de faire l’unanimité. Cette mesure phare a été la plus critiquée en commission.

Le ministère de la Transition énergétique la voit comme un moyen d'améliorer la collecte des produits consommés ou utilisés par les ménages. C’est l’option qu’il a choisi pour parvenir à l’objectif de collecte des bouteilles en plastique fixé par l'UE, de 90%, quand la France plafonne à 57%.

Mais le projet écrit par le gouvernement a déjà été modifié en commission au Sénat. Le texte initial prévoyait d'instaurer une consigne "pour réemploi, réutilisation ou recyclage". Or les sénateurs de la commission ont "recentré le dispositif sur le réemploi" en écartant la consigne pour recyclage.

L’opposition a jugé que ce serait "un non-sens tant environnemental qu'économique" s'agissant des bouteilles plastiques. Le sénateur centriste Hervé Maurey a ainsi accusé le gouvernement de jouer sur l'"image d'Epinal" de la consigne "de la bouteille de lait" qui subsiste dans l'opinion. Pour lui, une consigne sur les bouteilles en plastique dans l'objectif de leur destruction n’est "ni plus ni moins qu'une régression écologique, parce qu'elle légitimerait le recours au plastique".

En revanche, le monde scientifique et associatif semble favorable à la consigne. Dans une tribune publiée par le Journal du dimanche, la Fondation Tara Océan, ainsi qu'une quarantaine de scientifiques la considérait comme "seule alternative crédible pour rattraper le retard de la France".

Nina Godart