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Bercy maintient le début des soldes d'hiver au 9 janvier

La plupart des associations de commerçants se sont prononcées contre l'avancement de la date des soldes d'hiver pour des raisons pratiques.

La plupart des associations de commerçants se sont prononcées contre l'avancement de la date des soldes d'hiver pour des raisons pratiques. - Frédérick Florin-AFP

Le début des soldes d'hiver est maintenu au 9 janvier 2019, a précisé la secrétaire d'État à l'Économie, Agnès Pannier-Runacher. Elle justifie sa décision par le fait qu'une "majorité de fédérations de commerçants consultées" était contre l'avancement de la date prévue.

Alors que certaines unions de commerçants souhaitaient avancer d'une semaine le début des soldes d'hiver, prévu le 9 janvier, pour tenter de compenser les pertes liées au mouvement des "gilets jaunes", Bercy a dit "non".

"Avancer la date des soldes d'hiver n'est pas souhaité par une majorité de fédérations de commerçants consultées par le gouvernement. Le début des soldes est donc maintenu au 9 janvier, date à laquelle les commerces se sont préparés depuis plusieurs semaines", écrit Agnès Pannier-Runacher, la secrétaire d'État sur son compte Twitter (illustration ci-dessous).

La plupart des associations de commerçants s'étaient prononcées contre l'avancement de la date notamment pour des raisons pratiques. "Il faudrait en effet, d'ici le 2 janvier, modifier toute la logistique et les transports prévus, refaire toutes les affiches, changer l'organisation interne. Le tout en 5 jours, dont un jour férié et un dimanche", avait indiqué; hier jeudi 27 décembre, Jacques Creyssel, délégué général de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD).

De son côté, le directeur général de l’Alliance du commerce, Yohann Petiot, avait estimé: "Les soldes nécessitent une préparation importante pour organiser le magasin, informer les clients (affichage, communication) mais aussi les salariés car les horaires d’ouverture sont souvent élargies pendant cette période. Les commerçants doivent également avoir le temps de recruter des renforts si nécessaire. Il est par conséquent impossible de changer la date des soldes moins de 15 jours avant leur démarrage officiel."

Dans un second tweet (cf illustration ci-dessous), Agnès Pannier-Runacher a précisé qu'elle recevrait début janvier les représentants des artisans et commerçants qui ont vu leur chiffre d'affaires baisser au cours du mouvement des "gilets jaunes".

Les multiples week-ends d'action des "gilets jaunes" ont fortement affecté les ventes pendant la période de fêtes, qui représente pour certains commerçants jusqu'à 50% du chiffre d'affaires annuel.

Selon le Conseil national des centres commerciaux (CNCC), les cinq week-ends de mauvaises ventes consécutives -du 17 novembre au 16 décembre- ont ainsi coûté 2 milliards d'euros au secteur du commerce.

La secrétaire d'État à l'Économie avait, elle-même, estimé la semaine dernière que les manifestations des "gilets jaunes" avaient entraîné un recul moyen de 25% du chiffre d'affaires dans le commerce. Agnès Pannier-Runacher avait aussi révélé que, depuis le début du mouvement des gilets jaunes, Bercy avait reçu des demandes de placements en chômage partiel pour 43.000 salariés. Ce dispositif permet à l'entreprise de réduire le temps de travail et donc le salaire de ses employés, l’État compensant la différence.

F.Bergé avec AFP