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Formation, apprentissage, assurance chômage: Pénicaud présente sa réforme en conseil des ministres

La ministre du Travail Muriel Pénicaud et le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux.

La ministre du Travail Muriel Pénicaud et le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux. - Eric Feferberg / AFP

La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a présenté ce mercredi en conseil des ministres sa réforme, affichée comme le volet "sécurité" des mesures du gouvernement, après le volet "flexibilité" mis en œuvres avec les ordonnances loi travail.

Muriel Pénicaud, ministre du Travail, a présenté vendredi en conseil des ministres sa réforme de la formation professionnelle, de l'apprentissage et de l'assurance chômage, affichée comme le volet "émancipation sociale" d'une "flexisécurité à la française".

Le projet de loi "avenir professionnel", dont le détail a déjà été dévoilé début avril, est censé apporter plus de protection aux travailleurs, en complément des ordonnances réformant le code du travail, qui ont donné plus de souplesse aux entreprises. Son examen parlementaire débutera le 29 mai en commission des Affaires sociales de l'Assemblée nationale, pour une adoption à l'été, a annoncé Muriel Pénicaud à la presse à l'issue du conseil des ministres.

C'est le "deuxième des trois volets de rénovation du modèle social" - après les ordonnances et avant la réforme des retraites -, un volet qui vise "l'émancipation sociale à travers le travail et la formation", a-t-elle déclaré.

L'enjeu, selon la ministre, est "que chaque jeune, chaque salarié, chaque demandeur d'emploi, demain, puisse être dans le siège du conducteur de sa vie professionnelle": pour un jeune, cela veut dire "pouvoir choisir un métier qui le passionne"; pour un chômeur, "avoir les moyens de se former pour accéder au marché du travail"; "pour un ouvrier ou un employé d'une petite entreprise, avoir les mêmes droits à la formation qu'un cadre d'une grande entreprise".

Attirer plus d'entreprises et de jeunes vers l'apprentissage

Le texte contient des mesures de simplification de l'apprentissage pour attirer plus d'entreprises et de jeunes: âge limite repoussé à 30 ans, temps de travail assoupli pour les apprentis mineurs et ruptures de contrats facilitées. Il fusionne aussi les aides aux entreprises: les PME (moins de 250 salariés) employant un apprenti en CAP ou bac pro toucheront une aide unique "de 6000 euros par an et par jeune", a annoncé Muriel Pénicaud vendredi.

Moins consensuel, le projet de loi réforme aussi la gouvernance et le financement de l'apprentissage, en donnant plus de responsabilités aux partenaires sociaux dans la construction des diplômes et dans la gestion des centres de formation d'apprentis (CFA). Une mesure vilipendée par les Régions, qui y perdent une partie de leurs prérogatives. Selon elles, "environ 700" CFA sont "menacés de fermeture". De côté du Medef, en revanche, Florence Poivey salue, auprès de l'AFP, la "vraie audace" du gouvernement.

Élargissement de l'assurance chômage

Concernant la formation professionnelle, la principale mesure concerne le compte personnel de formation (CPF), qui ne sera plus alimenté en heures mais en euros. Cette mesure, rejetée par les partenaires sociaux, inquiète notamment le patronat, Florence Poivey craignant une "ultra individualisation" de ces droits qui mènerait à des formations "déconnectées des besoins des entreprises".

Sur l'assurance chômage, le texte élargit la couverture des démissionnaires et l'ouvre à certains indépendants en perte d'activité, permet au gouvernement d'instaurer un bonus-malus pénalisant les entreprises qui abusent des contrats courts et de modifier les règles de cumul allocations-salaire. Il réforme en outre les sanctions contre les chômeurs et modifie la gouvernance du régime, en encadrant plus strictement les renégociations des règles d'indemnisation par les partenaires sociaux.

J.-C.C. avec AFP