BFM Business

Fonctionnaires: le gouvernement campe sur sa position, les syndicats aussi

Sept des neuf syndicats représentatifs de la fonction publique envisagent une grève en mai.

Sept des neuf syndicats représentatifs de la fonction publique envisagent une grève en mai. - Patrick Janicek - Flickr - CC

À cinq jours de l'ouverture de la concertation sur la réforme de la fonction publique, le gouvernement n'a modifié qu'à la marge ses propositions, et les syndicats s'opposent toujours à l'orientation, à la méthode et au calendrier.

Les neuf syndicats représentatifs de la fonction publique ont réaffirmé mercredi devant le secrétaire d'État Olivier Dussopt leur opposition au document cadre de la concertation intitulé "refonder le contrat social avec les agents publics".

Ce "document d'orientation", réécrit deux fois après avoir cristallisé les tensions, "trace une orientation, une méthode et un calendrier que nos organisations ne partagent pas", ont-ils affirmé dans une déclaration liminaire. "Ce texte est donc de la seule responsabilité de votre gouvernement", ont-ils ajouté avant de quitter symboliquement la séance.

Olivier Dussopt "fait le pari de l'optimisme pour la suite", rapporte Bruno Collignon (FA-FP, 9e syndicat). Il dit "qu'il espérait que nous aplanirions nos divergences", abonde Jean-Marc Canon (CGT, 1er), qualifiant l'échange de "courtois, mais ferme."

Vers une grève en mai

Le 29 mars, lors de l'ouverture officielle de la concertation, qui porte notamment sur l'extension du recours aux contractuels et la mise en place de plans de départs volontaires, le gouvernement s'était engagé à rédiger une troisième version de ce document cadre.

Mais celui-ci n'a été modifié qu'à la marge, en intégrant la possibilité de poursuivre les discussions après les élections professionnelles de décembre, ainsi que "des travaux complémentaires" sur "le recrutement" des agents titulaires. Il s'agit, à ce sujet, de "répondre aux enjeux d'attractivité des concours et des métiers dans la fonction publique".

Le premier des quatre chantiers de la concertation, qui concerne la simplification du dialogue social, sera lancé le 9 avril. L'ensemble des organisations s'étaient retrouvées mardi soir afin d'arrêter leur position commune. Les suites de la mobilisation du 22 mars, à laquelle seuls sept syndicats avaient appelé (CGT, FO, FSU, CFTC, Solidaires, FA-FP et CFE-CGC) et qui avait réuni des centaines de milliers de manifestants, ont également été discutées.

Selon plusieurs responsables syndicaux, ces mêmes sept organisations envisagent un nouveau "temps fort" de grève et de manifestations pour la mi-mai. Aucune date précise n'a été arrêtée pour le moment, afin entre autres de laisser à la CFDT (2e) et l'Unsa (4e) la possibilité de s'y joindre.

Une nouvelle réunion intersyndicale se tiendra le 10 afin d'arrêter "un plan d'action". "On ne sait pas encore si on rejoindra l'intersyndicale le 10 (avril), et nous avons des instances qui en décideront", explique Luc Farré pour l'Unsa.

N.G. avec AFP