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Fitch dégrade la note souveraine de la France de "AA+" à "AA"

Fitch Ratings envisage, à son tour, d'abaisser la note de la France.

Fitch Ratings envisage, à son tour, d'abaisser la note de la France. - Miguel Medina - AFP

L'agence Fitch Ratings a décidé d'abaisser la note de la France de "AA+" à "AA" en l'assortissant d'une perspective stable en raison notamment du dérapage budgétaire. Elle a également qualifié de "faibles" les perspectives économiques du pays.

C'était redouté, c'est désormais officiel: l'agence Fitch a décidé, ce vendredi, d'abaisser la note de la France de "AA+" à "AA" en l'assortissant d'une perspective stable en raison notamment du dérapage budgétaire.

Fitch a également qualifié de "faibles" les perspectives économiques du pays et affirmé que celles-ci pesaient sur la consolidation des finances publiques et la stabilisation du ratio de la dette.

"L'économie française devrait croître moins que la moyenne des pays de la zone euro pour la première fois en quatre ans", a souligné Fitch.

Des réformes jugées insuffisantes

L'agence estime que le programme de réformes structurelles du gouvernement "n'apparaît pas suffisant pour renverser les tendances négatives qui pèsent sur la croissance à long terme et la compétitivité".

Fitch table sur une croissance du Produit intérieur brut (PIB) français de 0,4% en 2014 et de 0,8% en 2015, année où "la dépréciation de l'euro et les prix du pétrole plus bas soutiendront quelque peu la croissance".

Malgré les mesures d'économie de 3,6 milliards d'euros annoncées par le gouvernement qui vont mener le déficit 2015 à 4,1% du PIB au lieu de 4,3% prévus auparavant, "cela ne sera pas suffisant pour changer les projections de Fitch sur la dynamique de la dette publique de la France", ajoute l'agence.

Le déficit pour 2015 ne présente pas d'amélioration comparé à 2013

Fitch souligne aussi qu'à 4,1% du PIB, le déficit prévu pour 2015 "ne présente pas d'amélioration par rapport à celui de 2013". Le gouvernement projette aussi un déficit de 4,4% pour 2014 au lieu de 3,8% prévu en avril.

"Ces dernières déviations dans les objectifs budgétaires (...) affaiblissent la crédibilité budgétaire", affirme encore l'agence ajoutant que "c'est la deuxième fois depuis fin 2012 que le gouvernement français retarde l'objectif d'atteindre le seuil de déficit de 3%" que réclame l'Union européenne. Le gouvernement français a repoussé cet objectif à 2017.

Jé. M. avec AFP