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Vers des coupes drastiques dans le budget des hôpitaux?

Les hôpitaux attendront quelques semaines de plus que prévu pour connaître le montant des tarifs hospitaliers, donc les futurs remboursement de la Sécu, qui constituent une part importante de leur budget.

Les hôpitaux attendront quelques semaines de plus que prévu pour connaître le montant des tarifs hospitaliers, donc les futurs remboursement de la Sécu, qui constituent une part importante de leur budget. - Le Piment - Flickr - CC

Les nouveaux tarifs des hôpitaux, normalement publiés le 1er mars, ne seront officialisés que mi-mars. En parallèle, la presse dévoile les principales pistes du ministère pour parvenir à 10 milliards d'économies.

Les tarifs hospitaliers, normalement publiés le 1er mars, n'ont jours pas été officialisés, ce dimanche. Or ils représentent une part importante du budget des hôpitaux. En effet, de ces tarifs dépendent le montant des remboursements par l'Assurance maladie des actes effectués par les établissements hospitaliers. L'arrêté, normalement rédigé par les services de la ministre de la Santé, Marisol Touraine, se fait désirer. Un report inhabituel, alors même que les tensions enflent dans le monde de la santé.

Hôpitaux publics et privés craignent en effet que ce retard soit le signe que le ministère s'apprête à adopter une politique de rigueur plus stricte dans le milieu hospitalier. La réduction des budgets des hôpitaux deviendraient ainsi un des moyens d'obtenir les économies supplémentaires réclamées par Bruxelles à la France.

Au ministère, on expliquait samedi que les "travaux (étaient) toujours en cours", pour une décision "courant mars". Les hôpitaux continuent de fonctionner normalement, mais les nouveaux tarifs s'appliqueront de manière rétroactive après leur publication. "La ministre a annoncé qu'elle souhaitait se donner un peu de temps", a confirmé le responsable de la communication de la Fédération hospitalière de France (hôpitaux publics), Emmanuel Goddat, qui prédit un retard de "deux à trois semaines".

Des coupes drastiques

Depuis plusieurs semaines, hôpitaux et cliniques fourbissent leurs armes respectives pour s'éviter des baisses de tarifs trop pénalisantes, dans le contexte de restrictions des dépenses de santé. Le moment est délicat: les hôpitaux public sont en pleine surcharge des équipes médicales face à l'épidémie de grippe, plus virulente que d'habitude. En outre, certains établissements qui ont contractés des emprunts toxiques se retrouvent acculés, victimes dans le même temps de l'envolée du franc suisse sur lequel étaient indexés certains emprunts. Après de multiples alertes de la FHF, le gouvernement a porté mardi à 400 millions d'euros, contre 100 auparavant, le fonds de soutien créé pour aider les hôpitaux à éponger leurs dettes.

Outre ces tarifs, le ministère préparerait des coupes douloureuses dans le budget des hôpitaux, selon la presse. Challenges détaillait ainsi vendredi soir ses prévisions d'économies, dont une large partie porte sur la masse salariale. Selon le site de l'hebdomadaire, le "gouvernement dispose pourtant du plan détaillé des 10 milliards d’économies sur les dépenses de santé annoncé il y a presqu’un an". Le gouvernement miserait ainsi su la mutualisation des achats des hôpitaux et la baisse des tarifs des fournisseurs pour dégager des économies. Mais aussi sur la baisse des prix des médicaments et des dispositifs médicaux les plus coûteux, sur les synergies entre hôpitaux voisins et le développement de la chirurgie "ambulatoire", sans nuit passée à l'hôpital. 

N.G. avec AFP