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Thierry Lepaon (CGT): "Hollande est incapable de dire où il fera les économies"

Thierry Lepaon craint que Bruxelles ne rappelle à l'ordre le gouvernement.

Thierry Lepaon craint que Bruxelles ne rappelle à l'ordre le gouvernement. - -

Alors que les partenaires sociaux se réunissent, ce vendredi 28 février, au siège du Medef pour discuter des modalités du pacte de responsabilité, le leader de la CGT, dans une interview au Figaro, dénonce le manque de clarté de l'exécutif sur les baisses de dépenses.

Les partenaires sociaux se réunissent ce vendredi 28 février au siège du Medef pour discuter des contreparties et des modalités du pacte de responsabilité avant de faire part de leurs propositions de mise en oeuvre à Jean-Marc Ayrault qui leur a donné jusqu'à la fin mars pour aboutir.

Dans une interview au Figaro de ce vendredi, le secrétaire général de la CGT, Thierry Lepaon, rejoint paradoxalement le patronat sur un point: le flou gravitant autour de la baisse des dépenses qui doit servir à financer ce pacte.

"François Hollande est incapable de dire où il fera ces économies! En réalité, il n'arrivera pas à les trouver, tout simplement parce que tous ses ministres vont lui dire qu'ils sont à l'os", estime-t-il.

"Accorder des allègements au patronat et dire qu'on les financera par des économies sans savoir lesquelles, ce n'est pas sérieux, c'est même suicidaire. Bruxelles va nous rappeler rapidement à l'ordre", s'inquiète-t-il avant d'ajouter que "quant aux recettes grecque, espagnole et portugaise, qui ont consisté à tailler sans discernement, on voit où ça a mené".

Baisser le coût du travail "ne sert à rien"

Le leader de la CGT regrette par ailleurs que les discussions de ce jour se déroulent dans le quartier général de l'organisation patronale. "La réunion aurait dû se tenir à Matignon avec l'Etat autour de la table", fait-il valoir. Selon lui, il s'agit d'un signe démontrant que le pacte de responsabilité a avant tout été négocié par et pour le patronat.

"Ce pacte est un engagement entre le président et Pierre Gattaz. Je dis bien Pierre Gattaz et pas le Medef, car c'est entre eux deux qu'a été conclue cette entente pour une diminution de 30 milliards de cotisations sociales. Elle n'a a pas été débattue en Conseil des ministres ou à l'Assemblée".

Et le leader syndical de critiquer un peu plus le principe du pacte: "cela fait des années qu'on nous dit qu'il faut baisser le coût du travail. Moi, je vous dis que ça fait vingt ans que nous le faisons et que ça ne sert à rien".

J.M.