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Sapin ouvre la porte à une modification du Budget 2015

Michel Sapin, lors de la réunion des ministres des Finances de la zone euro qui s'est tenue lundi à Luxembourg.

Michel Sapin, lors de la réunion des ministres des Finances de la zone euro qui s'est tenue lundi à Luxembourg. - Emmanuel Dunand - AFP

Le ministre des Finances a indiqué que les discussions parlementaires qui s’ouvrent ce mardi pourraient ouvrir la voie à une plus grande réduction des déficits. Un signal envoyé à Bruxelles, alors que les projets de budgets français seront transmis mercredi à la Commission européenne.

Visiblement, la réunion de l’Eurogroupe, lundi à Luxembourg, a conduit Michel Sapin à revoir ses positions. Le ministre français des Finances a en effet ouvert la porte à une modification des projets de budgets de la France pour 2015, afin de réduire davantage les déficits publics. Le tout alors que l’examen du Projet de loi de finances pour 2015 débute ce mardi 14 octobre à l’Assemblée nationale. Jusqu'à présent, Michel Sapin avait pourtant déclaré qu'il n'y aurait pas davantage d'économies l'an prochain que les 21 milliards d'euros prévus pour l'instant, ni hausse de la pression fiscale.

"Il y a du temps pour qu'à la fois les discussions soient positives mais aussi pour que les réflexions sur la situation économique de la zone euro mûrissent", a-t-il ainsi déclaré à l'issue de la réunion des ministres des Finances de la zone euro. Prié de dire si les amendements qui seront déposés par le gouvernement réduiront davantage les déficits, il a répondu: "Nous verrons le sens des discussions, nous verrons où en sera la Commission et sa compréhension de nos chiffres."

Les prévisions françaises trop éloignées des objectifs européens

La Commission européenne recevra les projets de budgets de l'Etat et de la Sécurité sociale mercredi 15 octobre, et dira par la suite s'ils respectent les règles européennes ou si la France doit procéder à des modifications. Loin de ramener le déficit public à la limite européenne de 3% du PIB l'an prochain, comme la France s'était engagée à le faire, les textes budgétaires prévoient qu'il atteindra encore 4,3% du PIB fin 2015. Le déficit ne serait donc qu'à peine réduit par rapport à cette année, pour laquelle il est attendu à 4,4% du PIB au lieu de 3,8% prévu auparavant.

Le dérapage est également important pour le déficit structurel (c'est-à-dire hors effet du cycle économique), une notion désormais essentielle dans l'analyse de la Commission. Au lieu de 0,8 point d'ajustement structurel, recommandé par la Commission, tant pour 2014 que pour 2015, la France ne prévoit désormais que 0,1 point cette année et 0,2 l'an prochain, en expliquant ces écarts par des ajustements techniques et par la panne d'inflation.

Y.D. avec Reuters