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Sapin: "Nous avons rapatrié 764 millions" via les repentis fiscaux

Michel Sapin est notamment revenu sur le geste fiscal qui doit concerner 3,2 millions de ménages Français.

Michel Sapin est notamment revenu sur le geste fiscal qui doit concerner 3,2 millions de ménages Français. - -

Le ministre des Finances était l'invité du Grand Jury RTL-Le Figaro ce dimanche 18 mai. Il est notamment revenu sur les mesures visant à alléger l'impôt des ménages et a révélé les chiffres issus des demandes de régularisation auprès du fisc.

Fiscalité des ménages, croissance anémique,baisse du budget de la Défense...Nombreux sont les dossiers qui concernent de près le ministre des Finances Michel Sapin. Ce dernier était ainsi invité ce dimanche 18 mai pour le faire point sur plusieurs d'entre eux.

> La baisse des impôts sera transcrite "dans la durée"

Il s'est défendu que la mesure visant à alléger l'impôt de 3,2 millions de ménages Français ait un but électoraliste. Ce dispositif doit également permettre de faire sortir de l'impôt sur le revenu 1,8 million de Français. "Il nous est apparu que le chiffre qui était le plus adapté était ce chiffre", a-t-il affirmé.

"Ce que nous supprimons c'est pour ceux qui, en bas, sont rentrés dans l'impôt". Il a confirmé que cette mesure sera applicable dès septembre. "Elle sera ensuite transcrite dans la loi de finances de 2015 dans la durée", a-t-il précisé. "Elle sera pérennisée pour 2015,2016,2017", a-t-il insisté.

En plus de cette mesure, "il est prévu 2,5 milliards d'euros de baisses de cotisations pour les ménages" dans la loi de finances pour 2015, a-t-il rappelé."Nous pensons que l'ensemble de ces mesure est favorable à une croissance plus élevée".

> Les repentis fiscaux ont déjà rapporté 764 millions d'euros

Concernant le financement de ces baisses d'impôts, Michel Sapin est revenu sur la lutte contre la fraude fiscale. Il a notamment évoqué la cellule de régularisation des avoirs fiscaux détenus à l'étrangers (en Suisse surtout) par les contribuables français. Ces derniers peuvent, en effet, déclarer leurs avoirs à l'administration, bénéficiant alors d'une minoration des amendes.

"Nous avions prévu dans la loi de finances pour 2014, 800 millions [de recettes, ndlr]. Nous avons déjà rapatrié au bout de quatre mois 764 millions d'euros. Ca marche du feu de Dieu!", a-t-il jugé. Il table sur une prévision totale de 1,8 milliard d'euros de recettes pour l'ensemble de l'année 2014.

"C'est l'argent qui était en Suisse rapatrié en France qui sert à baisser l'impôt des plus modestes", a-t-il conclu.

> "Ne pas dire de bêtises" sur les dépenses militaires

Michel Sapin a rappelé l'objectif de 50 milliards d'euros. "Nous devons les faire et nous les ferons", a-t-il assuré.

Il est ensuite revenu sur le sujet épineux du budget de la Défense."Les dépenses militaires ne sont pas des dépenses comme les autres", a-t-il fait valoir. Il a ensuite taclé Xavier Bertrand qui s''est exprimé sur le sujet sans rien y connaître". "La dépense militaire a besoin de programmation. La loi de programmation a été votée. Elle sera respectée dans ses équilibres globaux", a-t-il assuré.

Interrogé sur les informations du Monde qui évoque des baisses allant de 3 à 6 milliards d'euros sur trois ans, il a indiqué que "quand on parle de ce qu'on connaît pas on dit des bêtises", a-t-il affirmé sans en dire plus.

> "L'écotaxe est morte"

"L'écotaxe voulue par Nicolas Sarkozy est un échec", a-t-il assuré. "Il faut remettre à plat [le dispositif] c'est le travail qui est encours." Il a jugé que le rapport de la commission parlementaire rendu mercredi dernier "apporte sa pierre" à ce débat. "La décision sera prise dans les semaines à venir" pour refondre ce dipositif, a-t-il affirmé. Mais Michel Sapin ne le cache pas:"l'écotaxe est morte".

> La croissance "n'est pas assez forte"

Michel Sapin est également revenu sur les mauvais chiffres de la croissance pour le premier trimestre.Il a jugé que la consommation a baissé "parce qu'il a fait trop chaud", même s'il a reconnu que la croissance est "trop faible". "Il faut plus que cela" sinon "nous n'aurons pas plus d'emploi", a-t-il affirmé.

Evoquant ensuite les impressionnants chiffres de la croissance allemande, il a affirmé que cette performance d'outre-Rhin s'explique surtout grâce à l"augmentation des salaires dans la fonction publique et la perspective du Smic". "L'Allemagne est en train de lutter contre les méfaits des petits jobs", a-t-il conclu.

J.M.