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Croissance nulle au premier trimestre, selon l'Insee

L'Insee a changé son mode de calcul du PIB.

L'Insee a changé son mode de calcul du PIB. - -

L'Institut de la statistique a publié ce 15 mai son estimation de la progression du PIB au premier trimestre 2014.Il n'a ni progressé, ni reculé, à 0%. Un nouveau mode de calcul, utilisé pour la première fois, a joué sur ces chiffres.

La croissance nulle au 1T "conforte toute la politique du gouvernement", a assuré Michel Sapin, ce 15 mai, juste après la publication par l'Insee du PIB de la France, resté stable au premier trimestre 2014, à 0%, après une progression de 0,2% au quatrième trimestre 2013. 

Si l'Institut avait gardé son ancien mode de calcul, il aurait même été en repli. En effet, des modifications dans les modalités de la comptabilité nationale entraient en vigueur aujourd'hui.

Un simple changement statistique qui devait faire grimper mécaniquement la richesse produite de 2 à 3 points, et diminuer le ratio d'endettement, avaient prévenu l'Insee, et son équivalent européen Eurostat.

Depuis des années, les économistes et statisticiens européens étaient en discussion pour faire évoluer ces méthodes de calcul. Ils se sont finalement mis d'accord sur le SEC 2010, pour Système européen de compte 2010.

La dette se réduit mécaniquement

La prise en compte des dépenses en Recherche & développement fait partie des nouveautés de ce traitement statistique inédit. Auparavant considérées comme des "consommations intermédiaires" au sein du domaine "fabrication de biens et services produits", elles n'avaient pas d'influence sur le niveau du PIB. Désormais, elles sont comptabilisées comme des investissements, avec un impact à la hausse sur l'estimation de croissance.

Même phénomène avec les dépenses en achat de bases de données et d'équipements militaires, assimilés à des investissements dès à présent.

En outre les soultes (sorte de dividendes) versées par les entreprises publiques à l'Etat, normalement livrées en une fois, changent de temporalité: elles s'effectueront à partir d'aujourd'hui en plusieurs versements, étalés dans le temps.

L'effet de ces modifications est aussi largement palpable sur le ratio de dette publique par rapport au PIB, sans que sa valeur nominale ne change pour autant. L'effet sera en revanche quasi invisible sur le taux de déficit.

N.G.