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Radars automatiques: comment l'État va gagner 25% de plus dès 2017

Le projet de loi de Finances 2017 prévoit 843.6 millions d'euros de recette pour les amendes forfaitaire du contrôle automatisé, auquel il faut ajouter 147 millions de recettes pour les amendes forfaitaires majorées. Soit le chiffre astronomique de presque 1 milliard d'euros.

Le projet de loi de Finances 2017 prévoit 843.6 millions d'euros de recette pour les amendes forfaitaire du contrôle automatisé, auquel il faut ajouter 147 millions de recettes pour les amendes forfaitaires majorées. Soit le chiffre astronomique de presque 1 milliard d'euros. - Joël Saget-AFP

Dans son projet de budget, l'État anticipe une hausse sans précédent des recettes générées par les radars automatiques dont le nombre va encore grimper. Le milliard d'euros n'est plus très loin.

Les automobilistes sont prévenus : le gouvernement n'a pas l'intention de lever le pied sur les radars automatiques. Bien au contraire. Conformément aux décisions du comité interministériel de la sécurité routière (CISR) du 2 octobre 2015, il a prévu d'étoffer son arsenal répressif, au nom de la lutte contre la mortalité au volant.

L'objectif affiché est "d’augmenter les contrôles sur les zones où les accidents sont particulièrement fréquents et où la vitesse est aujourd’hui peu contrôlée: chantiers routiers et réseau secondaire hors agglomération". En 2017, leur nombre passera de 4.450 à 4.600 radars, puis à 4.700 en 2018.

Les excès de vitesses sont punis de 45 à 3.750 euros

Conséquence de cet arsenal renforcé, le projet de loi de finances pour 2017 anticipe une forte hausse des recettes générées par les amendes forfaitaires qui varient de 45 euros (excès de vitesse inférieur à 20 km/h hors agglomération) à 3.750 euros (excès de vitesse supérieur à 50 km/h avec récidive). Le gouvernement attend pas moins de 844 millions d'euros pour les amendes forfaitaires issues du contrôle automatisé contre 672 millions cette année, soit une hausse de 25% en un an!

Si on prend en compte les majorations imposées à ceux qui oublient de payer leurs amendes dans les délais, on va même friser le milliard d’euros de recettes annuelles. Cela représente une moyenne de presque 26 euros par automobile en circulation en France. Les radars automatiques n'auront jamais autant rapporté à l'État depuis leur apparition, en 2002.

Les nouveaux radars automatiques sont plus efficaces

L'optimisme affiché par le gouvernement sur l'augmentation attendues des amendes vient aussi d'une meilleure efficacité des contrôles automatiques dû au perfectionnement des nouveaux équipements.

Ainsi les radars "discriminants" savent déjà distinguer les vitesses des véhicules légers de celles des poids-lourds. Les équipements "double sens" contrôlent la vitesse des véhicules dans les deux sens de circulation y compris pour les voitures qui sont en train de doubler un autre véhicule. Il y a aussi des radars "autonomes" appelés aussi radars chantiers. Ces équipements semi-fixes contrôle la vitesse à proximité des zones de chantiers ou dans des zones de danger temporaire. Sans oublier les radars qui sanctionnent des infractions non-liées à la vitesse comme ceux installés aux feux rouges.

Mais il y a surtout les redoutables radars mobiles embarqués dans des voitures banalisées. Leur utilisation va être très sensiblement renforcée. Ni la police ni la gendarmerie ne disposait en effet d'un effectif suffisant pour utiliser ces radars 24 heures sur 24. Loin s'en faut. En avril, le gouvernement a donc décidé de confier cette mission à des sociétés privées dès 2017. Ces radars mobiles redoutables vont donc beaucoup plus flasher les contrevenants...

Les amendes venues du ciel par drones ? Pas pour tout de suite

La menace d'un PV venu des airs ne plane pas encore au-dessus des routes françaises. Annoncées il y a un an, les premières expérimentations de drones ont révélé que ces engins doivent encore être perfectionnés pour être efficaces dans la lutte contre l'insécurité routière. Après de premiers tests, "on ne voit pas à ce stade de mise en oeuvre possible rapidement, mais c'est une piste porteuse", dit le délégué interministériel à la sécurité routière Emmanuel Barbe.

La gendarmerie a notamment expérimenté en février 2016 deux modèles de drones, qui ont montré leur utilité mais aussi un certain nombre de contraintes technologiques. Aucun des modèles testés jusqu'à présent ne présente un profil complet, combinant qualité d'image (permettant ou non la lecture précise d'une plaque d'immatriculation), longue autonomie en vol et facilité d'utilisation (besoin ou non d'une rampe de lancement, facilité à déplacer l'engin). Leur utilisation s'oriente avant tout vers le repérage des conduites dangereuses, signalées ensuite aux forces de l'ordre au sol.

BFM Business avec AFP

Frédéric Bergé
https://twitter.com/BergeFrederic Frédéric Bergé Journaliste BFM Éco