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Pourquoi l'inflation nulle n'arrange pas les affaires du gouvernement

Michel Sapin a reconnu que cette faible inflation va en partie neutraliser les efforts du gouvernement sur les économies

Michel Sapin a reconnu que cette faible inflation va en partie neutraliser les efforts du gouvernement sur les économies - Loïc Venance - AFP

Le ministre des Finances a indiqué ce mercredi 4 mars que le gouvernement a revu à la baisse sa prévision d'inflation pour cette année, la ramenant de 0,9 à 0%. Ce qui n'est pas sans poser certains problèmes.

L'exécutif se met en quelque sorte à niveau. Ce mercredi 4 mars, le ministre des Finances Michel Sapin a annoncé devant la commission des Finances du Sénat, que le gouvernement a nettement revu à la baisse sa prévision d'inflation.

"L'inflation prévue pour l'année 2015 est en France aujourd'hui de zéro", a-t-il déclaré. Dans la loi de Finances initiale, votée en fin d'année au Parlement, le gouvernement prévoyait une inflation nettement plus élevée, à +0,9% sur l'ensemble de l'année.

Cette révision à la baisse est réaliste au vu des derniers chiffres de l'Insee. En janvier dernier, l'institut des statistiques avait fait part d'une baisse des prix sur un an, à -0,4%. Ce qui rendait moins crédible la précédente prévision du gouvernement.

Des économies neutralisées

Problème: cette révision à la baisse de l'inflation n'est pas sans poser certains problèmes, comme l'indiquait d'ailleurs la veille Michel Sapin sur BFMTV. "Il y a certaines économies que nous avions prévues et que nous ne pourrons pas faire avec 0% d'inflation", avait-t-il indiqué.

"Quand vous gelez une allocation, vous pensez réaliser une économie. Ce n'est pas le cas avec 0% d'inflation", détaillait-il. Or la France s'est engagée auprès de Bruxelles à réaliser 21 milliards d'euros d'économies pour l'année en cours.

"Donc nous devrons vérifier tout au long de l'année que les économies que nous avions programmées seront bien faites. Et nous serons intraitable sur ce point-là", expliquait-il sur BFMTV.

Ce mercredi il a encore jugé que l'atonie des prix avait un effet "d'une brutalité considérable" sur les finances publiques, que ce soit sur les recettes ou sur les dépenses. Par ailleurs le ministre a indiqué que l'absence d'inflation rognerait les recettes de TVA. Michel Sapin a par ailleurs confirmé que pour l'année 2014, la France respecterait "largement" l'objectif affiché d'un déficit public de 4,4% du Produit intérieur brut. Le chiffre définitif sera dévoilé le 26 mars.

Julien Marion avec AFP