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Pour l'économiste Daniel Cohen, le revenu universel n'incite pas à la paresse

Daniel Cohen soutien Benoît Hamon

Daniel Cohen soutien Benoît Hamon - BMTV-RMC

Invité de BFMTV-RMC, l'économiste de la Paris School of Economics a expliqué que, selon lui, le revenu universel n'était pas une incitation à l'oisiveté, bien au contraire. Il a également mis en garde contre toute dérive protectionniste en réponse à la politique de Donald Trump.

Daniel Cohen a fait son choix. L'économiste de la Paris School of Economics a ainsi indiqué ce jeudi 16 février sur BFMTV-RMC qu'il soutenait Benoît Hamon, le vainqueur de la primaire à gauche l'ayant notamment séduit avec l'idée du revenu universel. Daniel Cohen ne le voit néanmoins pas comme une alternative à l'emploi et une réponse à la montée en puissance de la robotisation.

"Je ne pense pas qu'il faille choisir entre, d'une part, l'emploi, et tout faire pour que les gens travaillent, et, d'autre part, ce revenu universel, qui serait une forme de renoncement par rapport au travail. Les deux sont complémentaires, les gens veulent travailler, sans doute plus que ce qu'ils travaillent aujourd'hui en moyenne, mais mieux surtout", a-t-il affirmé.

"Les moyens de se construire"

L'économiste considère que le revenu universel "permet de renforcer le pouvoir de discussion" des salariés qui ne se voient plus "dans l'obligation d'accepter n'importe quoi" parce qu'ils "savent qu'ils ne seront plus à la rue autrement".

"Donner 600-700 euros aux gens c'est un peu l'équivalent d'hériter d'un studio en centre-ville. Est-ce que quelqu'un qui hérite d'un studio en centre-ville est dissuadé de travailler?", fait-il mine de s'interroger. "Je pense le contraire, je pense que cela lui donne les moyens de se construire dans une société où il faut affronter le marché du travail", estime-t-il. Et si Daniel Cohen pense "que l'emploi change de nature" et "se précarise", il ne juge pas qu'il va "disparaître" avec la robotisation.

Ne pas imiter Trump

Interrogé sur le début de la présidence de Donald Trump aux États-Unis, Daniel Cohen est inquiet de voir émerger une riposte protectionniste à la politique économique du président américain: "Ce serait le chaos. Dans les années 30 chacun a fait du protectionnisme dans l'espoir de retrouver de l'emploi dans son propre territoire au détriment des autres. Je ne pense pas que la réponse à apporter à Trump ce soit de faire comme Trump", a-t-il ainsi affirmé. "Penser qu'on va repenser chacun pour soi la logique du commerce mondial c'est la voie ouverte au chaos", a-t-il insisté.

Au passage, l'économiste a égratigné François Fillon: "François Hollande a perdu son quinquennat parce qu'il s'est épuisé à ramener le déficit sous les 3%. Et, tout d'un coup, un gouvernement de droite commencerait en passant de 3 à 4,5%? Je trouve cela assez paradoxal".

J.M.