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  Polytechnique condamnée à changer

Les élèves de Polytechnique pourraient ne plus toucher leur solde d'environ 470 euros mensuels.

Les élèves de Polytechnique pourraient ne plus toucher leur solde d'environ 470 euros mensuels. - FRANCOIS GUILLOT - AFP

Un rapport commandé par les services de Matignon sur Polytechnique doit être publié samedi. Certaines de ses préconisations ont déjà fuité. Elles laissent entrevoir une réforme en profondeur de l'Ecole d'ingénieur.

Les choses vont sérieusement changer à Polytechnique. C'est en tout cas ce que prône un rapport commandé par Matignon en 2014 et dont le gouvernement devrait largement s'inspirer. Des annonces sont attendues samedi à l'occasion d'un déplacement du ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, sur le plateau de Saclay. Mais déjà, les propositions du rapport commencent à filtrer

L'objectif qui point dans ce document est de réveiller une école vieille de plus de 200 ans. Le rayonnement de la France à l'international est en jeu. C'est pourquoi son auteur, l'économiste Bernard Attali (frère jumeau de Jacques), fait des propositions plutôt radicales.

En premier lieu, il préconise de revoir intégralement la structure de polytechnique. La meilleure école d'ingénieurs de France est trop peu visible à l'international. Le rapport met donc en avant un "impératif de taille critique", et recommande un regroupement de 10 grandes écoles scientifiques autour de Polytechnique. Un moyen, selon l'auteur, de faire remonter l'école dans les classements internationaux.

Des sujets sensibles abordés

Le rapport aborde ensuite des sujets plus sensibles, comme la solde des élèves. Ceux qui ont réussi le concours de l'X perçoivent en effet environ 470 euros chacun, tous les mois, au motif de son engagement à rejoindre un corps de l'Etat. "Une subsistance du passé", estime le rapport, qui propose de la remplacer par un système de bourses plus classique afin de favoriser davantage la mixité sociale.

Autre proposition: supprimer le classement de sortie pour attribuer les postes dans la haute fonction publique. A la place, Bernard Attali verrait plutôt une sélection sur dossier et un entretien de motivation.

Le document suggère enfin de revoir les conditions d'accès à la prestigieuse institution, pour créer un accès direct après le baccalauréat ou de vendre la Maison des Polytechniciens située dans le très cossu 7ème arrondissement. 

Marie Coeurderoy, édité par N.G.