BFM Business

Plus de deux milliards consacrés à l'industrie française du futur

Le directeur général de Bpifrance, Nicolas Dufourcq, assure aux entreprises que l'heure est venue pour elles de s'endetter pour inventer l'industrie du futur.

Le directeur général de Bpifrance, Nicolas Dufourcq, assure aux entreprises que l'heure est venue pour elles de s'endetter pour inventer l'industrie du futur. - MATTHIEU ALEXANDRE-AFP

"Bpifrance et des investisseurs privés vont allouer 2,5 milliards d'euros en trois ans aux projets industriels dans l'impression 3D, la robotique, la réalité virtuelle ou le big data, a annoncé le directeur général de la banque publique jeudi."

La banque publique Bpifrance va consacrer une enveloppe de 1,2 milliard d'euros aux projets développés dans le programme "Usine du futur", un montant qui sera doublé par un apport équivalent de financement privé partenaire, a indiqué jeudi le directeur général de Bpifrance, Nicolas Dufourcq.

Autour de ces technologies qui concernent l'impression 3D, la robotique, la réalité virtuelle, la numérisation de la chaîne de production ou encore le "big data", c'est à peu près 2,5 milliards d'euros d'enveloppe, orchestrée par Bpifrance, qui vont être mobilisés dans les semestres qui viennent", a dit Nicolas Dufourcq. Ce financement est prévu "sur les 3 ans qui viennent, mais on le déploie très vite" car "il y a une grande appétence" pour ces financements, a-t-il ajouté.

Les projets liés à l'industrie du futur peuvent obtenir un prêt spécifique jusqu'à 5 millions d'euros sur une durée de 7 ans, et sans garantie prise sur l'entreprise, a-t-il expliqué. "C'est le moment de vous endetter pour faire l'industrie du futur", a lancé Nicolas Dufourcq aux chefs d'entreprise présents lors d'un débat consacré à l'industrie du futur en Allemagne et en France en pleine semaine de l'industrie.

La France a raté la révolution des machines-outils

Bpifrance prévoit aussi de mener 900 "missions d'accompagnement" auprès d'entreprises françaises en 2016, a indiqué Nicolas Dufourcq. La banque publique lancera "un accélérateur d'ETI (établissement de taille intermédiaire)" au mois de mai, sur le modèle de ce qu'elle a déjà mis en place pour les start-up et les PME, a ajouté son directeur général.

"La France a raté la grande vague de la machine-outil et l'Allemagne a magnifiquement réussi à capter ce marché", mais "on est capables d'être au centre de la révolution des objets connectés dans l'usine" grâce à des fortes compétences en mathématiques, en informatique et en algorithmique, a assuré Nicolas Dufourcq.

L'Allemagne a lancé dès 2011 un programme "Industrie 4.0", pour accompagner "la quatrième révolution industrielle", basée notamment sur la robotisation et la communication entre machines et hommes.

"En termes de robotisation, nous sommes en retard", mais "en termes d'intégration des différentes fonctions de l'entreprise, qui est le vrai sujet du numérique, nous sommes au travail, comme les autres", a observé Louis Gallois, co-président de la Fabrique de l'Industrie. "En France, nous avons des atouts qui sont les grands groupes et les start-up", mais "nous avons une grande faiblesse, les PME et les ETI", a-t-il ajouté.

N.G. avec AFP