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Pas d’équilibre du régime des retraites avant… 2042

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Le Conseil d’orientation des retraites a une nouvelle fois repoussé la perspective de voir le système s’équilibrer. Et le déficit en 2022 sera deux fois plus élevé que prévu.

Il ne faudra pas compter sur un équilibrage du système des retraites avant 2042 au moins. C’est la conclusion du rapport annuel du Conseil d’orientation des retraites qui sera rendu au gouvernement ce jeudi. Un rapport très attendu étant donné la réforme en cours.

Selon ses calculs, avec une croissance annuelle favorable de +1,8% des revenus d’activité, l’équilibre sera donc atteint en 2042 et non 2036 comme indiqué dans le précédent rapport publié il y a un an. Si cette croissance tourne autour de 1,5%, il faudrait attendre cette fois 2056. Et en cas de croissance inférieure, le dispositif restera durablement déficitaire.

« Le système de retraite reviendrait à l’équilibre en 2042 dans le scénario à 1,8% de croissance et en 2056 dans le scénario à 1,5%, après des besoins de financement de l’ordre de 0,5% à 0,6% [du PIB] entre 2023 et le milieu des années 2030, puis dégagerait des excédents jusqu’à la fin de la période de projection (respectivement 0,9% et 0,2% du PIB en 2070) », selon le rapport du COR.

Autre mauvaise nouvelle, à législation identique, le Conseil estime que le régime des retraites sera dans le rouge à hauteur de -0,4% du PIB en 2022, soit 10 milliards d’euros, alors qu’il tablait sur -0,2% dans son précédent rapport. Et ce, quelle que soit la croissance du PIB.

Le niveau de vie des retraités va baisser

Rappelons que le gouvernement a enclenché une importante réforme des régimes de retraite qui devrait être dévoilée en juillet prochain pour entrer en vigueur en 2025. Un futur régime universel devrait remplacer la quarantaine de régimes existants. Par ailleurs, l’idée est de rallonger, dès cet automne, la durée de cotisation nécessaire pour l’obtention du taux plein sans toucher à l’âge légal de départ à 62 ans.

Le gouvernement plancherait ainsi sur les moyens d'inciter les salariés à décaler l'âge de leur départ en retraite, avec l'instauration d'un "âge-pivot" de 64 an, selon le magazine Challenges.

Concrètement, la future réforme ne toucherait pas à l'âge légal de 62 ans mais elle instaurerait un système de "bonus-malus" sur les pensions, avant et après 64 ans, afin d’inciter les actifs à travailler plus longtemps.

Cet « âge pivot » entrerait en vigueur le 1er janvier 2025. Mais certains membres du gouvernement plaident pour prendre des mesures d’économies à court terme afin de réduire le déficit du système.

Le rapport du COR se penche également sur la valeur des pensions par rapport aux revenus d’activité des actifs. Si aujourd’hui ces pensions représentent en moyenne 66% des revenus nets du travail, cette proportion chuterait à 19/42% en 2070 malgré une hausse des pensions grâce à l’indexation sur l’inflation.

Traduction, le niveau de vie des retraités actuellement « légèrement supérieur, de l’ordre de 6 %, à celui de la population », deviendrait inférieur à la moyenne de la population entre 2025 et 2030.

Autant de cailloux dans la chaussure du gouvernement pour faire passer sa réforme.

la rédaction