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"On ne va pas chercher plus d'argent sur les Français"

Le ministre des Finances et des Comptes publics Michel Sapin était l'invité de BFMTV ce mardi 3 mars. Il est revenu sur la conjoncture économique, le délai accordé par Bruxelles à la France et a écarté toute nouvelle hausse d'impôts.

Michel Sapin reste prudent. Invité à se prononcer sur l'état de la conjoncture française ce mardi 3 mars, le ministre de l'Economie et des Finances a une nouvelle fois observé des signaux positifs sans pour autant crier victoire. 

"Je ne pense pas qu'il faille annoncer les bonnes nouvelles mais les constater", a-t-il considéré. A ce titre, le ministre a évité de citer la baisse du nombre de demandeur d'emplois constatée pour le mois de janvier: "1 chiffre, 1 mois ne fait pas une tendance".

Néanmoins il y a "des signes réels d'une reprise d'une activité économique, observés par des économistes, des chefs d'entreprise, des enquêtes de l'Insee", a-t-il énuméré. Il a donné comme exemple la consommation des ménages qui repart ou encore les anticipations d'investissement en hausse de la part des chefs d'entreprise.

Bruxelles "émet des recommandations pas des ordres"

"Je ne ne veux pas en dire plus", a ensuite poursuivi Michel Sapin qui a rappelé qu'en 2014 "tout le monde (le gouvernement français y comprs, ndlr) s'est trompé quant à la reprise de l'activité"." Le chiffre de 1% (de croissance ndlr) que nous avions correspondait à celui des autres (FMI, Commission européenne)".

Michel Sapin est ensuite revenu sur le nouveau délai que la Commission européenne a consenti à la France, au prix de nouveaux efforts sur le déficit.

Le ministre a tenu à souligner que Bruxelles émet "des recommandations et non pas des ordres". Il a ensuite expliqué que les prévisions de déficit contenues dans la loi de Finances pour 2015 étaient globalement en ligne avec les "recommandations" de Bruxelles sur ce point.

"Si nous tenons ce que nous avons décidé (…) nous serons totalement convergent avec ce que la Commission nous demande de faire", a-t-il assuré. Il a à ce titre écarté l'hypothèse de nouvelles hausses d'impôts. "On ne va pas chercher plus d'argent sur les Français", a-t-il affirmé avant d'ajouter "sauf ce qui a déjà été voté depuis longtemps, comme les augmentations de cotisations sur les retraites".

Michel Sapin a néanmoins reconnu qu'un problème se pose concernant les 21 milliards d'économies à réaliser pour 2015. "Il y a certaines économies que nous avions prévues et que nous ne pourrons pas faire avec 0% d'inflation", a-t-il indiqué. "Quand vous gelez une allocation, vous pensez réaliser une économie. Ce n'est pas le cas avec 0% d'inflation". "Donc nous devrons vérifier tout au long de l'année que les économies que nous avions programmées seront bien faites. Et nous serons intraitable sur ce point-là", a-t-il conclu

J.M.