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Noyer invite le gouvernement "à couper hardiment" dans les dépenses

Christian Noyer s'alarme du possible déclin de la France

Christian Noyer s'alarme du possible déclin de la France - Eric Piermont - AFP

Le gouverneur de la Banque de France a exhorté jeudi l'exécutif à aller plus loin dans les économies. Il a également appelé à des réformes structurelles.

Christian Noyer est catégorique: la France doit entreprendre des réformes si elle veut éviter d'aller dans le mur. Sur Europe 1 ce jeudi 11 septembre, le gouverneur de la Banque de France a appelé l'exécutif à l'action.

"Non, la France n'est pas foutue, vraiment ! Mais c'est l'heure du sursaut ou du déclin: il serait grave de ne pas faire les réformes, les bonnes réformes et poursuivre inflexiblement la réduction des dépenses", a-t-il affirmé.

"C'est très sérieux, ce n’est clairement pas une bonne nouvelle: on ne peut pas accumuler indéfiniment les déficits! Si on continue à avoir une croissance de 0,5% et des déficits de 4 ou 5%, il est clair qu'on va dans le mur, nous allons nous paupériser! C'est ça la voie du déclin", a-t-il développé.

En ce sens, il a déclaré qu' "il faut couper hardiment dans les dépenses: on y va beaucoup trop timidement!".

"Il n'y a pas de plan B"

Interrogé sur la conjoncture, le gouverneur de la Banque de France a estimé que le potentiel de croissance de l'économie française est très probablement de moins de 1%.

"Ce qui veut dire qu'il n'y a pas de plan B dans l'accumulation et l'augmentation des déficits : il ne suffit pas de relancer la dépense pour faire remonter la croissance, ça ne marcherait pas!", a-t-il poursuivi.

"Spontanément, sans réforme, la croissance française resterait inférieure à 1%: il faut absolument faire ces réformes. Si on ne les fait pas, on va rester avec 0% de croissance et 10% de chômage", a-t-il prédit.

Christian Noyer reprend en quelque sorte à son compte les paroles du président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, qui, la semaine dernière, avait appelé les Etats à mener les réformes nécessaires pour faire repartir l'inflation.

J.M.