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Moscovici: "Un déficit à 2,7% est jouable. Pas certain mais jouable"

Pierre Moscovici était l'invité de BFM Business.

Pierre Moscovici était l'invité de BFM Business. - John Thys - AFP

Pierre Moscovici, commissaire européen aux Affaires économiques, était l'invité de BFM Business ce jeudi 29 septembre. Il est notamment revenu sur le déficit de la France.

"La France doit passer en dessous des 3%". Pour Pierre Moscovici, commissaire européen aux Affaires économiques, les choses sont claires. "Ces engagements ont été dits et répétés", a-t-il déclaré sur BFM Business, et il précise: "On ne fait pas preuve de tolérance vis-à-vis de quiconque. La Commission européenne fait preuve d'intelligence, de flexibilité (…). Mais il n'y aura pas de délai ou d'exception". Et pour lui, l'objectif de 2,7% de déficit contenu dans le projet de loi de finances pour 2017, est un bon signal. "Cela signifie qu'il n'y aura pas tentation de bras de fer".

Pour Pierre Moscovici, "les choses sont jouables. Ce n'est pas certain, mais jouable. Je ne m'attends pas à de problèmes majeurs". En décortiquant le budget, il partage les interrogations sur les prévisions de croissance "encore que je ne serais pas exagérément pessimiste". D'après le commissaire européen aux Affaires économiques, "1,5% ne me parait pas invraisemblable".

Report des dépenses

En revanche, ce qui l'inquiète est le report de dépenses à 2018. Parmi les mesures prévues, le gouvernement va augmenter le dernier acompte de l'impôt sur les sociétés versé par les grandes entreprises, soit 400 millions d'euros de recettes qui auraient dû être versées en 2018. "Je veux exprimer des préoccupations sur les charges et les dépenses qui sont reportées à 2018 ainsi que sur les réformes structurelles". "Pour sortir d'une procédure de déficit excessif, il faut considérer que la réduction des déficits en dessous de 3% est solide et durable", a-t-il rappelé.

Pierre Moscovici rappelle que "le vrai débat n'est pas la règle des 3% mais plutôt une meilleure gestion de la dépense publique". Dans le détail, la totalité de la dépense prévue pour l'État passera de 374,3 milliards d'euros en 2016 à 381,7 milliards l'an prochain, en raison des mesures destinées à financer les nouvelles priorités, comme la lutte contre le terrorisme.