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Mistral: pourquoi la facture sera beaucoup plus salée que prévu

La France et la Russie ont trouvé un accord pour l'annulation de la vente des navires Mistral.

La France et la Russie ont trouvé un accord pour l'annulation de la vente des navires Mistral. - Franck Perry - AFP

En plus du remboursement de la somme avancée par Moscou pour les navires français, des frais annexes vont venir alourdir massivement l’addition, selon les informations du Canard enchaîné à paraître mercredi.

L’annulation de la vente des deux navires Mistral à la Russie, officialisée le 5 août dernier par l’Elysée, ne va pas vraiment améliorer la situation des finances françaises. Et le Parlement, à qui sera présentée la facture en septembre, risque de s’en rendre compte assez rapidement.

Le Canard enchaîné à paraître mercredi révèle en effet le détail de ce qui ressemble à une très mauvaise opération financière de la part du gouvernement français. Car aux 896 millions d’euros que la Russie avait effectivement avancés, il convient d’ajouter les frais engagés pour l’aménagement du port de Vladivostok, qui devait accueillir les deux navires. Mais aussi "l’adaptation en version maritime des 32 hélicoptères K52" embarqués à bord, et la formation des marins russes. Pour une addition atteignant, au total, le milliard d’euros évoqué lors de l’accord trouvé entre Paris et Moscou.

Une facture de 2 milliards d'euros ?

Mais ce n’est pas tout. "L’Etat s’est engagé, quoi qu’il arrive, à payer sa marge à DCNS", le groupe héritier des arsenaux français et dont l’Etat est l’actionnaire principal, écrit l'hebdomadaire. Celle-ci s’élèverait à 350 millions d’euros. Il faudra également compter avec les dépenses de remise en état puis de réhabilitation aux normes de l’Otan, pour une note de plus de 200 millions d’euros. Enfin, l’entretien des navires devrait coûter aux alentours de 5 millions d’euros mensuels, sachant que les opérations précédemment mentionnées devraient prendre plus de 6 mois – dans la fourchette basse.

En comptabilisant le manque à gagner issu des contrats perdus dans cette affaire - dont l’un, d’environ un milliard d’euros, passé en vue de la construction de ravitailleurs franco-russes - la facture totale pourrait s’élever à près de 2 milliards d’euros. Difficile à encaisser, surtout en temps de crise.

Opération juteuse pour la Russie

D’autant que la Russie, engagée dans un bras de fer économique avec l’Europe, aura réalisé une juteuse opération financière, sa monnaie ayant dégringolé ces derniers mois. Pour 40 millions de roubles versés initialement, Moscou devrait ainsi en récupérer… 65 milliards. Avec, en prime, la possibilité de construire ses propres porte-hélicoptères, les Français ayant transféré l’intégralité de la technologie à leurs homologues russes.

Reste maintenant à trouver preneur pour ces navires qui, chaque jour, coûtent un peu plus cher aux finances publiques.

Y.D.