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Migaud : "améliorer l'action publique, ce n'est pas forcement des crédits supplémentaires"

Didier Migaud, le premier présidentd e la Cour des comptes, était sur Europe 1  le 17 février.

Didier Migaud, le premier présidentd e la Cour des comptes, était sur Europe 1 le 17 février. - -

Le Premier président de la Cour des comptes a rappelé, ce dimanche 17 février sur Europe 1, la nécessité d'améliorer l'efficacité des politiques publiques pour réaliser des économies afin de réduire le déficit public.

" La France voit ses comptes se redresser. Les efforts engagés depuis 2011 commencent à se traduire dans les chiffres". Didier Migaud, invité ce dimanche 17 février d'Europe 1, a vite tempéré sa première affirmation optimiste. " La France est le second pays de l'OCDE en terme de dépenses publiques", a rappelé le Premier président de la Cour des comptes. "Améliorer l'action publique, ce n'est pas forcement des crédits supplémentaires", a-t-il ajouté.

Quelques jours après la publication du rapport annuel de la Cour, Didier Migaud a visiblement voulu mettre l'accent sur l'amélioration de l'efficacité de l'action publique, indépendante selon lui de l'augmentation continue des crédits affectés à cette action. "Notre pays est-il sur le podium en matière d'efficacité ? La réponse est non".

Le Premier président de la Cour a ensuite listé quelques domaines où des économies pourraient être engagées par le gouvernement. Les prestations familiales : selon lui, la question de leur fiscalisation se pose. Les retraites : doit-on continuer à accorder des avantages fiscaux ou sociaux simplement en raison de l'âge des intéressés ? Il semble penser le contraire. La formation professionnelle : 30 milliards d'euros qui ne servent pas à ceux qui en auraient le plus besoin, les chômeurs.

Vers un assouplissement des 3% ?

Concernant la question des 3% de déficit, un objectif impossible à atteindre fin 2013 selon la Cour, Didier Migaud a rappelé que "les 3% ont été fixés par des responsables politiques au niveau européen". Il a cependant lâché : "on ne peut raisonner indépendamment de la conjoncture". Façon de dire que la Cour ne verrait pas forcement d'un mauvais oeil un assouplissement de la règle au niveau européen à condition que la France poursuive ses efforts de maîtrise de ses dépenses publiques.

Enfin, sur le vote d'une nouvelle taxe sur les très hauts revenus, Didier Migaud a refusé de s'esprimer, expliquant qu'il s'agait d'un choix politique...

P.C