BFM Business

Michel Sapin aux patrons: "Si nous baissons les charges, il faudra augmenter les recettes"

Michel Sapin réfute le terme de choc de compétitivité

Michel Sapin réfute le terme de choc de compétitivité - -

Le ministre du Travail était l’invité de BFM Business, ce lundi 29 octobre. Il a répondu à la tribune des grands patrons de l'Afep qui réclament une baisse des charges de 30 milliards d'euros.

"Un choc de compétitivité" de 30 milliards d’euros, via des baisses de charges. Voilà ce que réclament les patrons de l'Association française des entreprises privées (Afep), qui regroupe la quasi-totalité du CAC 40 et des grandes entreprises françaises, dans une tribune parue dimanche 28 octobre dans le JDD (Journal du Dimanche).

Invité dans l’émission Good Morning Business de BFM Business, le Ministre du Travail Michel Sapin a réfuté ce terme. "Je ne connais pas une seule entreprise qui pense se porter mieux, après un choc, un coup", explique-t-il.

Reprenant clairement le discours de François Hollande, Michel Sapin dit qu’il "ne faut pas ajouter les chocs et aux chocs", en référence aux efforts budgétaires demandés pour ramener le déficit à 3% du PIB d’ici 2013. Il ne nie pas l’importance de relancer la compétitivité des entreprises à l’heure où la compétition à l’internationale est importante. "Mais je préfère parler d’un tissage méticuleux", plutôt que d’un choc de compétitivité, expliquant ainsi que le renforcement de la compétitivité des entreprises sera progressif. Il réfute cependant le caractère urgent de cette baisse des charges.

Et ce "tissage" ne devrait pas transiter par une baisse de 30 milliards d’euros des cotisations. Car Michel Sapin rappelle que si "nous baissons d’un côté" les cotisations sociales "il faut augmenter les recettes de l’autres. Nous ne pouvons augmenter la TVA et la CSG alors que la consommation va mal et que nous avons justement besoin d’un marché intérieur".Le ministre rappelle que Nicolas avait accordé une baisse de charges de 12 milliards d'euros, via une forme de TVA sociale depuis abrogée par le nouvel exécutif:"Cette fois ils en réclament 30", fait remarquer circonspect,le ministre de Travail.

Les partenaires sociaux pour un accord historique

Le ministre du Travail est également revenu sur un autre enjeu important: le dialogue social. Il n’a pas nié que la semaine dernière les discussions entre les partenaires sociaux sur la sécurisation de l’emploi ont été compliquées pour ne pas dire difficile.

 Mais il préfère rester optimiste "les partenaires sociaux ont encore deux mois pour négocier. Ils ont une grande responsabilité qui ne nous exonère pas de la notre. Mais si nous voulons une réforme durable il faut qu’elle soit le produit de cette négociation".

Michel Sapin en profite pour mettre ainsi syndicat et patronat face à cette responsabilité."Ils ont la première la grande réussite d’un dialogue social à la française au bout des doigts", souligne-t-il. Il espère ainsi que si l’Allemagne a réussi à montrer l’exemple du dialogue social, la France saura lui emboiter le pas.

Julien Marion