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Lutte contre le terrorisme: quel impact sur le budget 2017?

Le budget 2017 prévoit 14.000 créations de postes de fonctionnaires, dont plusieurs milliers dédiés à la sécurité.

Face au terrorisme, pas question de s’affranchir de l’État de droit: tel est le message lancé mercredi par l’exécutif à l’issue d’un conseil de Défense à l’Élysée. Mais alors que le gouvernement est en pleine préparation du budget 2017, va-t-il annoncer à la rentrée un renforcement des moyens de la police et de l’armée?

La pression est forte en tout cas en ce sens. Mercredi par exemple, c’est l’ancien président de la République, Nicolas Sarkozy, qui déclarait au Monde: "Il faudra exonérer toutes les forces de sécurité, policières, militaires, et judiciaires de tout effort d’économie".

2 milliards d'euros

C’est justement ce que fait désormais François Hollande. Le budget 2017 prévoit 14.000 créations de postes de fonctionnaires. Ce seront principalement des postes liés à la sécurité: 2.100 à la justice, 2.300 dans la police et la gendarmerie.

Sans la révision de la loi de programmation militaire décidée après les premiers attentats de janvier 2015 et le pacte de sécurité annoncé par l’Élysée après les attentats du 13-novembre dernier, les effectifs de l’État auraient baissé de plus de 5.000 fonctionnaires en 2017. Au total, deux milliards d’euros vont venir abonder les crédits de la Défense et de la sécurité l’an prochain.

Dès lors, peut-on imaginer que le gouvernement annonce un effort supplémentaire en septembre au moment de la présentation du budget? Ce n’est pas exclu. D’abord, il faudra bien qu’il finance le surcoût de l’opération Sentinelle qui devait être réduite de dimension et qui finalement continuera à mobiliser 10.000 hommes comme François Hollande l’a annoncé après le drame de Nice. Ces militaires verront d’ailleurs leurs primes augmenter. Or Sentinelle coûte déjà près de 300 millions d’euros par an.

20 millions de plus pour la réserve militaire

Autre dépense nouvelle liée à la sécurité: la montée en puissance de la réserve militaire. Il faudra y consacrer au moins 100 millions l’an prochain contre moins de 80 millions cette année.

Le gouvernement décidera-t-il d’aller plus loin et d’embaucher de nouveaux policiers? Peut-être. Mais outre le coût, rappelons qu’il faut deux ans entre le recrutement d’un futur policier et le moment où il est vraiment opérationnel sur le terrain.

Quoi qu’il en soit, il est probable que les questions sécuritaires et militaires soient au centre de la campagne présidentielle. Nicolas Sarkozy a déjà promis de porter le budget militaire à 1,85% du PIB en 2018 contre 1,5% actuellement. Il oublie au passage que lorsqu’il était aux affaires, il a réduit les effectifs.

Tout comme François Hollande d’ailleurs, qui a commencé son quinquennat en braquant les militaires puisqu’il a fait voter une loi de programmation prévoyant la réduction du format de l'armée de 34.000 hommes. Mais finalement, face au défi sécuritaire, il a décidé l’an dernier de stopper la déflation des effectifs et de rajouter près de 4 milliards d’euros au budget militaire entre 2016 et 2019. Ce qui est sûr, c’est que les surenchères sur ce plan ne font que commencer.

P.C, édité par A.R.