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Les mauvaises recettes de la taxe Redbull

Cette taxe votée fin 2013 n’a rapporté que 3 millions d’euros en 2014, au lieu des 60 millions prévus, révèlent les Echos. Une contre-performance due au fait que les entreprises ont diminué la teneur en caféine de leur produit.

La taxe “Red Bull” n’aura pas donné des ailes aux finances publiques. En effet, cette contribution frappant les boissons énergisantes (Red Bull mais aussi Burn, Monster, etc…) n’a engrangé que 3 millions d’euros l’an passé, alors qu’elle était censé rapporter 60 millions d’euros, indiquent Les Echos ce mercredi 23 septembre.

Pour rappel, cette taxe avait été le cheval de bataille de Gérard Bapt, médecin, député PS et rapporteur du projet de loi de Finances de la Sécu (PLFSS). Ce dernier avait du s’y prendre par deux fois pour faire voter cette taxe. La première fois, fin 2012, le Conseil constitutionnel avait censuré la mesure, obligeant le député à revoir sa copie un an plus tard, dans le cadre du projet de loi de Finances de la Sécu pour 2014. Un deuxième essai qui avait cette fois obtenu l’aval des Sages.

Les fabricants ont revu leurs recettes

Cette taxe frappait les boissons à hauteur de 1 euro par litre ou 25 centimes par canette de 25 cl. Elle concernait de facto l’ensemble des boissons présentant une concentration minimale de 220 mg de caféine pour 1 litre. Et c’est justement sur ce levier que les entreprises ont joué pour échapper à la taxe. Les fabricants ont en effet revu à la baisse leur mélange de sorte à passer sous le seuil fixé par la loi et éviter ainsi de payer.

“Une modification qui n’a pas déstabilisé les industriels, accoutumés à vendre des boissons avec des dilutions différentes dans chaque pays, selon le goût local”, expliquent les Echos. Un mal pour un bien? C’est en tout cas l’avis de Gérard Bapt. “C’est un échec sur le plan de la rentabilité financière, mais un succès pour la santé publique”, se réjouit-il auprès des Echos.

J.M.