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Les marges des entreprises à leur plus bas niveau depuis 1985

Sur l'ensemble de l'année 2012, le taux de marge des entreprises a atteint 27,9%

Sur l'ensemble de l'année 2012, le taux de marge des entreprises a atteint 27,9% - -

Selon l'Insee, le taux de marge des sociétés non financières est descendu à 27,7% en 2012, contre 28,5% en 2011. Un chiffre qui explique entre autres le décrochage de l'économie française.

C'est l'un des chiffres qui pourrait très bien être mis devant les yeux de François Hollande, lors de son intervention télévisée sur France 2, ce jeudi 28 mars. Dans la note de conjoncture de l'Insee, figure une statistique clef mais peu commentée : le taux de marge des entreprises non financières.

Cet indicateur montre clairement le décrochage des sociétés françaises. Sur l'ensemble de l'année 2012, le taux ressort à 27,9%, contre 28,5% en 2011, soit "son plus bas niveau depuis 1985", commente l'Insee. De plus la tendance est mauvaise : sur le seul quatrième trimestre 2012, le taux de marge s'établissait à 27,7%.

A l'origine de ce recul, l'Insee cite notamment la hausse des cotisations sociales, versées par les employeurs, qui "accélère", en raison,de la hausse du taux de cotisation d'assurance-vieillesse, et de la fin des exonérations sur les heures supplémentaires.

Louis Gallois sonnait déjà l'alerte

Louis Gallois, dans son rapport sur la compétitivité des entreprises françaises, donnait davantage d'explication. Dans la section intitulée "la cote d'alerte est atteinte" , il écrivait ainsi que "confrontée à une concurrence grandissante, l'industrie française a été conduite à préserver sa compétitivité prix au détriment de sa compétitivité hors prix". Ainsi, "afin de conserver des prix compétitifs, les industries françaises ont été contraintes de rogner leurs marges".

L'ex-patron d'EADS et de la SNCF rappelait ensuite que le taux de marge des entreprises manufacturières a chuté de 30% à 21%, de 2000 à 2011.

Reste à voir si le Crédit d'impôt compétitivité pour l'emploi (Cice) permettra d'inverser cette tendance. Nul doute que François Hollande mettra encore une fois en avant cette mesure, une des rares à avoir recueilli un écho globalement favorable, notamment auprès des agences de notations.

"Nous avons le sentiment que, pour la première fois depuis de nombreuses années, les mesures pour augmenter la compétitivité des entreprises françaises constituent une priorité politique", écrivait, le 21 février dernier Standard and Poor's.

Julien Marion