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Les hôpitaux appellent l'Etat à l'aide

Les hôpitaux publics ont vu le coût de leurs emprunts augmenter de 500 millions d'euros (photo d'illustration: CHU de Grenoble)

Les hôpitaux publics ont vu le coût de leurs emprunts augmenter de 500 millions d'euros (photo d'illustration: CHU de Grenoble) - Jean-Pierre Clatot - AFP

En raison de la flambée du franc suisse, les emprunts toxiques contractés par les hôpitaux publics et indexés sur le cours de la devise se sont considérablement alourdis. Frédéric Valletoux, le président de leur fédération, demande "une aide d'urgence" dans le JDD de ce 22 février.

C'est une des conséquences malheureuses de la hausse du franc suisse: l'explosion du coût des emprunts dits "toxiques". Ces prêts ont été contractés par plusieurs organismes publics comme des collectivités locales mais aussi des hôpitaux.

Une partie de ces emprunts ont été indexés sur le cours de la devise helvétique. En conséquence, la décision de la Banque national suisse (BNS) de supprimer, en janvier dernier, la défense d'un taux plancher du franc suisse face à l'euro s'est traduit par un alourdissement du coût de ces crédits structurés.

Des mesures d'ici à une semaine

Pour les seuls hôpitaux publics, la facture serait de 500 millions d'euros, selon la FHF, la Fédération hospitalière française. Si bien que, dans le JDD de ce dimanche 22 février, son président Frédéric Valletoux, tire la sonnette d'alarme.

"Nous demandons à l'Etat un dispositif d'aide d'urgence", affirme-t-il au journal dominical. Le président de la FHF a rencontré la semaine dernière le secrétaire d'Etat au Budget Christian Eckert. Selon l'entourage de ce dernier, cité par le JDD, "les hôpitaux ont été écoutés et entendus. "Des mesures seront prises d'ici à une semaine", ajoutent ces mêmes sources.

L'Etat a déjà mis en place, depuis l'an dernier, un fonds de soutien de 100 millions d'euros pour les hôpitaux publics. Un montant qui peut toutefois s'avérer modeste au regard des encours d'emprunts toxiques contractés par les hôpitaux (1,5 milliard d'euros). Dans un communiqué publié début février, la FHF évoquait une somme "insignifiante" d'autant plus qu'il [le fonds de soutien, ndlr] est financé en quasi-totalité par les hôpitaux eux-mêmes à travers un prélèvement sur l'objectif national des dépenses d'assurance maladie".

A titre de comparaison, le fonds de secours pour les collectivités locales est plus conséquent, à 1,5 milliard d'euros. "Il y a deux poids deux mesures entre les collectivités locales et les hôpitaux", peste ainsi Frédéric Valletoux dans le JDD.

Début février, la FHF prévenait qu'elle n'hésiterait pas à appeler à une action concertée de la part des hôpitaux pour ne plus honorer leurs engagements à l'égard des banques, dénonçant "des intérêts astronomiques".

J.M.