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La grogne fiscale ne faiblit pas

Les transporteurs routiers vont manifester ce 16 novembre contre l'écotaxe

Les transporteurs routiers vont manifester ce 16 novembre contre l'écotaxe - -

Manifestation des transporteurs routiers contre l'écotaxe ce samedi 16 novembre, mécontentement des artisans et d'autres secteurs contre les hausses de TVA.... Le gouvernement n'en a pas fini avec la grogne sociale alimentée par les hausses de prélèvements. Que peut-il faire?

Jean-Marc Ayrault s'est voulu ferme, hier vendredi 15 novembre, sur France Info: pas question d'enterrer le principe de l'écotaxe ni de remettre en cause les hausses de TVA au 1er janvier, a affirmé le chef du gouvernement.

Ce samedi pourtant, la fédération de transporteurs routiers OTRE appelle à un rassemblement contre l'écotaxe au cours duquel elle espère réunir entre 2.500 et 3.000 camions à travers la France. De nouvelles actions individuelles contre des portiques ne sont pas à exclure dans l'attente de la nouvelle manifestation des 'Bonnets rouges', le 30 novembre en Bretagne, même si des organisation syndicales comme FO ont décidé de se désolidariser du mouvement.

Sur un autre front, celui des hausses de TVA programmées au 1er janvier, la grogne ne faiblit pas non plus. Artisans, ambulanciers, grande distribution, représentants des compagnies aériennes et des entreprises de transports en commun... tous les secteurs ou presque alertent l'opinion sur les hausses de prix à venir mais aussi sur les suppressions d'emplois que l'augmentation de la TVA pourrait entraîner.

Et d'autres nuages s'amoncèlent sur la tête du gouvernement. C'est ainsi que le ras-le-bol fiscal pourrait être alimenté par une hausse de plus de 2% de la facture d'électricité en janvier en raison de la revalorisation de la Contribution au service public de l'électricité (CSPE). C'est à dire au moment où la TVA augmentera!

Populisme et poujadisme

Vendredi 15 novembre, sur BFMTV et RMC, Laurent Berger, le patron de la CFDT, a estimé qu'il y avait "beaucoup de populisme, beaucoup de corporatisme, de poujadisme, parce qu’il y a une défiance à l’impôt" (..) "Mais je rappelle que l’impôt, c’est le vivre ensemble. Ce sont des services publics de qualité, ce sont des enfants qui peuvent aller à l’école, un système de santé encore performant".

Dans une tribune au Monde daté du 16 novembre, Bernard Cazeneuve, le ministre du Budget, dénonce lui aussi le « poujadisme fiscal qui vient parfois alimenter cette violence », et affirme que « le légitime débat sur le niveau des prélèvements obligatoires ne doit pas effacer un principe fondamental : celui du consentement à l’impôt, qui est consubstantiel à la République ».

Politique fiscale illisisble

Un point de vue que ne partage pas visiblement tout le monde. Ainsi, selon Jean-Vincent Placé, le porte-parole des sénateurs écologistes, la hausse programmée de la TVA au 1er janvier risque d’être "la goutte de trop", soulignant "l’illisibilité" de la politique fiscale du gouvernement. C'est en tout cas ce qu'il a déclaré, le 10 novembre sur Radio J.

En privé d'ailleurs, nombre de parlementaires socialistes ne sont pas loin de partager cette analyse. Ils estiment que le prix à payer pour financer le CICE est trop élevé pour les Français au moment où ceux-ci partagent un "ras-le-bol fiscal".

Pour l'heure, le gouvernement a simplement baissé le taux de TVA sur la rénovation thermique comme celui sur le logement social et les billets de cinéma. Il a également maintenu celui sur les importations d'oeuvres d'art à 5,5%. Il a aussi décidé de laisser à 5,5% le taux réduit sous la pression des députés PS alors qu'il voulait le descendre à 5%.

Va-t-il devoir faire des gestes supplémentaires avant la fin de la discusion budgétaire début décembre?

Patrick Coquidé