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La facture très salée de l'abandon de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes

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Entre 200 et 600 millions d'euros, voilà ce que coûterait aux finances publiques l'abandon du projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes selon un rapport remis aujourd'hui par le député Eric Woerth.

L'Etat va devoir passer à la caisse. Après la décision prise en janvier par le premier ministre d'abandonner le projet controversé d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, un rapport vient éclairer le coût pour les finances publiques de l'abandon.

Le choix de réaménager l'aéroport de Nantes plutôt que d'en construire un nouveau devrait se traduire par une perte nette comprise entre 200 et 600 millions d'euros pour les finances publiques, selon des estimations présentées mercredi par Eric Woerth. Il faut tout de même préciser que le député Les Républicains de l'Oise qui préside la commission des Finances à l'Assemblée était favorable au projet de construction de l'aéroport. 

Mais selon lui, la poursuite du projet de Notre-Dame-des-Landes aurait permis "un bénéfice net pour les finances publiques de l'ordre de 180 millions d'euros sur la durée de la concession", tandis que son abandon et le réaménagement de l'aéroport de Nantes-Atlantique qu'il nécessite représente "une perte nette pour les finances publiques (comprise) entre 200 et 600 millions d'euros, a déclaré mercredi Eric Woerth en commission qui assure que le coût de l'abandon sera supérieur à celui de la poursuite du projet." 

Un manque à gagner très important pour Vinci

Une facture qui comprend à la fois des subventions déjà versées et des indemnités futures. Dans le détail, l'Etat a déjà versé 22 millions d'euros de subvention à fonds perdu et les collectivités locales y sont de 29 millions d'euros de leurs poches. Mais la partie la plus significative c'est évidemment l'indemnité que l'Etat devra verser à Vinci qui devait être le concessionnaire de l'aéroport. Selon le rapport d'Eric Woerth qui s'appuie sur des estimations du syndicat mixte aéroportuaire, l'indemnité maximale pourrait se monter à 500 millions d'euros. 

Le manque à gagner pour Vinci s'élèverait en effet à 474 millions d'euros auxquels il faudrait ajouter les coûts de la rupture du contrat (20 millions d'euros) plus différents frais financiers qui s'élèveraient à 16 millions d'euros. Soit un total de 510 millions d'euros.

Un chiffre très élevé qui s'explique par le contrat de concession de Vinci qui était particulièrement long (55 ans) d'où l'importance du préjudice. Le gouvernement est engagé depuis plusieurs mois dans des discussions avec Vinci pour établir la somme exacte qu'il devra verser au groupe de BTP.

Frédéric Bianchi avec AFP