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La croissance française plombée par les mouvements sociaux et la consommation

Les Français ont moins consommé qu'attendu au deuxième trimestre 2016.

Les Français ont moins consommé qu'attendu au deuxième trimestre 2016. - AFP - Jean-Philippe Ksiazek

Au deuxième trimestre, le PIB est resté stable au lieu de la hausse de 0,3% initialement attendue. Ceci s'explique notamment par le fait que les dépenses de consommation des ménages ont stagné.

L’Insee confirme que la croissance de l'économie française a bel et bien connu un coup d'arrêt au deuxième trimestre. Le produit intérieur brut est resté stable, alors qu'il était attendu en hausse de 0,3%, selon une seconde estimation publiée vendredi par l’Institut national de la statistique et des études économiques.

Ce résultat, qui confirme une première évaluation publiée fin juillet, tranche avec le chiffre du premier trimestre, marqué une croissance particulièrement dynamique (0,7%), souligne l'Institut statistique.

Baisse de la production

Il s'explique notamment par un ralentissement de la consommation des ménages, mais aussi par une baisse des investissements et de la production, affectée par les mouvements sociaux contre la loi travail, précise-t-il.

Entre avril et juin, les dépenses d'investissement se sont ainsi repliées de 0,2% après avoir augmenté de 1,3% au premier trimestre. Selon l'Insee, ce recul a touché aussi bien le secteur de la construction (-0,5%) que les services marchands (-0,4%). Moteur traditionnel de la croissance en France, les dépenses de consommation des ménages ont pour leur part stagné (0,0%), alors qu'elles avaient augmenté de 1,2% au trimestre précédent.

Ce phénomène a touché à la fois les biens (+0,1% après +1,5%) et les services (-0,1% après +0,7%), détaille l'institut, qui attribue ce dernier phénomène à "un contrecoup après l'achat des billets de l'Euro 2016 de football au premier trimestre".

Conséquences des grèves printanières

La production s'est quant à elle repliée de 0,1%, avec notamment une chute dans le secteur des biens manufacturés (-0,9%), "du fait principalement de la chute de la production dans les raffineries, affectées par des mouvements sociaux en mai et juin". Ces mauvais résultats pourraient compliquer la tâche du gouvernement, qui a bâti son budget sur une hypothèse de croissance de 1,5% en 2016.

Jeudi, le Premier ministre Manuel Valls a assuré que le gouvernement maintenait son objectif de croissance à 1,5% cette année. Pour cela, "il faut de la croissance au troisième et au quatrième trimestres. Nous avons le sentiment qu'il y en a", a-t-il argumenté.

Pour l'heure, l'acquis de croissance - autrement dit la progression annuelle du PIB en cas de croissance nulle sur les deux derniers trimestres -, s'établit à 1,1%, selon l'Insee.

Dans sa note de conjoncture publiée mi-juin, l'Insee a parié sur une croissance de 0,3% au troisième trimestre, puis à 0,4% au quatrième. La Banque de France prévoit de son côté un rebond de 0,3% au troisième trimestre, pour une croissance annuelle de 1,4%.

A.R. avec AFP