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La Cour des comptes pessimiste pour 2017

La Cour des comptes craint que les objectifs de réduction du déficit ne soient pas atteints en 2017

La Cour des comptes craint que les objectifs de réduction du déficit ne soient pas atteints en 2017 - Pierer Verdy-AFP

La Cour des comptes a rendu public ce 29 juin son rapport annuel sur la situation et les perspectives des finances publiques. Si 2016 devrait se terminer sans trop de problèmes, ce sera nettement plus compliqué en 2017!

En 2016, ça passera. Mais en 2017, ce sera franchement très difficile pour ceux qui seront aux manettes des finances publiques. Voilà en résumé les propos tenus ce mercredi matin par Didier Migaud, le premier président de la Cour des comptes.

Dépenses préélectorales

C’est vrai qu’on attendait tout particulièrement le verdict de la Cour après la rafale de dépenses préélectorales annoncées par François Hollande et Manuel Valls ces derniers temps: fonctionnaires, collectivités locales, agriculteurs, jeunes, formation des chômeurs…

Et bien le jugement de la Cour est sans appel: pour 2016, les risques de dépassement de dépenses sont "nettement plus élevés que les années précédentes".

Mais la promesse gouvernementale de ramener le déficit de 3,6 à 3,3% du PIB devrait cependant être tenue, estime la Cour. À condition cependant, dit-elle, qu’il n’y ait plus de dépenses nouvelles d’ici à la fin de l’année. Ce qui n'est pas forcement acquis....

Risque élevé

Mais quid de la situation en 2017 et après? C’est là que la situation va devenir franchement critique, estime la Cour, avec, en particulier, la montée en puissance des dépenses liées à la revalorisation des carrières des fonctionnaires, et la hausse programmée des dépenses militaires.

Au total, Didier Migaud chiffre les dépenses supplémentaires déjà actées pour l’an prochain autour de 6 milliards d’euros avant même que l’année commence. Un joli cadeau d’arrivée pour le prochain président.

Il a aussi rappelé qu’un certain nombre d’économies budgétaires prévues en 2016 pour financer le pacte de responsabilité et le CICE avaient été reportées en 2017.

Conséquence de tout cela pour Didier Migaud: "L’objectif de réduction à 2,7% du déficit a un risque élevé de ne pas être atteint".

Maîtrise sans précédent des dépenses

On en viendrait presque à penser que la Cour des comptes penche pour la droite en 2017. Ce qui est sûr, c'est que le discours des candidats à la primaire de l’opposition, qui promettent tous entre 80 et 120 milliards d’économies budgétaires s’ils sont élus, ne peut que satisfaire la Cour.

D’autant que dans son rapport de ce matin, elle insiste sur le fait que les objectifs de déficit promis par la France supposent "une maîtrise sans précédent des dépenses publiques jusqu’en 2019".

Mais qu’il s’agisse des promesses de réduction de dépenses de droite comme de gauche, la Cour des comptes déplore qu’elles ne soient pas assez précises pour être toujours très sérieuses….

P.C