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L'UMP prépare sa révolution fiscale pour 2017

L'UMP propose notamment 43 milliards d'euros de baisse des charges

L'UMP propose notamment 43 milliards d'euros de baisse des charges - -

Après le réquisitoire de Jean-François Copé, mercredi 20 mars, l'UMP se réunit, ce jeudi 21 mars, à l'occasion d'une convention fiscale. L'opposition veut faire baisser les dépenses publiques et les charges des entreprises.

Après la joute oratoire, l'UMP passe au débat d'idées. Mercredi 20 mars, Jean-François Copé a attaqué avec virulence la politique économique de Jean-Marc Ayrault, à l'Assemblée nationale à l'occasion de la motion de censure. Ce qui n'a, évidemment, pas empêché cette motion déposée par l'UMP contre le gouvernement d'être rejetée par les députés.

Ce jeudi 21 mars, l'UMP enchaîne avec un deuxième acte. Le parti tient une convention fiscale dont le chef de file sera l'ancien ministre et actuel député de la Drôme, Hervé Mariton. Jean-François Copé sera également présent. Cette réunion permettra de débattre des grandes lignes du projet fiscal que doit adopter l'UMP. Comme l'explique Les Echos, Le bureau politique de l'UMP doit valider, dans dix jours, les propositions issues de cette réunion.

Pour le moment l'UMP a élaboré un document de travail qui formule plusieurs pistes et priorités. L'un des objectifs est de permettre de réduire le niveau des dépenses publiques à 50% du PIB en 5 ans contre près de 56,4%, "ce qui représente un effort de 130 milliards d'euros'', dixit le document.

> Des mesures d'économies imposées à l'Etat

L'UMP veut réactiver la Révision générale des politiques publiques (RGPP), lancée sous Nicolas Sarkozy, qui prévoyait, entre autre, le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, et même la renforcer. Cette fois, la mesure va jusqu'à deux fonctionnaires sur trois hors des secteurs régaliens (Justice, Défense, Intérieur, Affaires étrangères et Finances).

Au programme également, une baisse des dotations aux collectivités locales, et un allongement du temps de travail à 39 heures dans la fonction publique.

En outre, l'UMP concocte sa propre réforme des retraites dans laquelle elle propose de fusionner les régimes de base, ainsi que d'ouvrir une réflexion sur la retraite par points. Surtout, le parti compte établir "une relation systématique entre l'âge de départ en retraite et l'espérance de vie". En clair repoussez l'âge de départ en fonction de l'alongement de cette espérance de vie.

> Des baisses de charges équivalentes à 43 milliards d'euros

L'UMP propose tout d'abord de supprimer les cotisations sociales "famille" payées par l'employeur. D'après le document, cette initiative baisserait de 10% les charges sociales payées sur les salaires et représenterait "33 milliards d'euros" de "bouffée d'oxygène". La mesure serait financée en relevant de 3 points le taux normal de TVA et "en baissant de 10 milliards d'euros la dépense publique".

Ensuite, L'UMP compte baisser de 10 milliards d'euros les taxes frappant la masse salariale et le chiffre d'affaires des entreprises. L'UMP dit vouloir "privilégier la taxation des bénéfices de l'entreprise".

> Une fiscalité de l'épargne qui favorise le long terme

A l'inverse de François Hollande, l'UMP propose d'abaisser les plafonds des livrets réglementés (Livret A, Livret de Développement Durable) en faisant toutefois une exception pour le Livret d'Epargne Populaire (LEP), qui concerne les personnes payant peu d'impôts (moins de 769 euros en 2011).

Le but est d'orienter l'épargne vers les placements de long terme. Dans ce même but, l'UMP veut reporter la période d'exonération fiscale sur les contrats d'assurance-vie, en la faisant passer de 8 à 12 ans.

La fiscalité sera également revue pour favoriser les contrats d'assurance-vie "en unité de comptes", qui sont davantage placés en actions, au détriment de contrats "en euros". Ce que préconisait déjà le rapport Gallois.

J.M.