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L'Insee craint une "reprise poussive" en 2014

L'investissement des entreprises devrait augmenter à un rythme faible.

L'investissement des entreprises devrait augmenter à un rythme faible. - -

Dans sa dernière note de conjoncture publiée ce jeudi 19 décembre, l'institut dessine une économie française qui peine à accélérer. La croissance atteindrait 0,2% au premier comme au deuxième trimestre de 2014.

"Reprise poussive". Le titre de la note de conjoncture de l'Insee, publiée ce jeudi 19 décembre, est lapidaire. Si la croissance est bien présente, elle peine à accélérer.

Pour l'ensemble de l'année 2013, l'Insee maintient sa prévision de 0,2%. Certes, au quatrième trimestre, le PIB va, selon les projections de l'Insee, connaître une hausse sensible de 0,4%. Mais celle-ci sera essentiellement due à des effets de rattrapage sur l'investissement et à une hausse de la consommation qui s'explique par des achats anticipés liés aux hausses de TVA, au 1er janvier ou encore au durcissement du malus automobile.

Mais le début de 2014 sera plus atone, avec une croissance de 0,2% au premier trimestre, et autant au deuxième, avance l'Insee. Plus globalement, les indicateurs sont, dans leur ensemble, mi-figue mi-raisin.

> Le chômage quasi-stable

L'Insee voit encore le chômage progresser jusqu'à la mi-2014. Il atteindrait alors 11% contre 10,9% actuellement, départements et régions d'outre-mer compris.

"A l'horizon de la prévision, les créations nettes d'emplois ne seraient en effet pas suffisantes pour absorber la hausse de la population active", écrit l'Insee, qui évoque néanmoins davantage une "quasi-stabilité" qu'une véritable hausse.

> Les investissements des entreprises en hausse

Sur les trois trimestres de la prévision, "l'investissement des entreprises hors construction progresserait désormais, mais à un rythme modéré", souligne l'Insee. La hausse serait de 0,7% au quatrième trimestre 2013, tirée par un effet de rattrapage. Au premier et au deuxième trimestre 2014, l'investissement des entreprises ne gagnera plus que 0,2%.

> La consommation en berne

Ce poste de croissance va connaître une bonne dynamique (+0,3%) au dernier trimestre 2013, en raison de plusieurs facteurs ponctuels: déblocage de l'épargne salariale, achats anticipés d'automobiles dus aux durcissements du malus automobile, ou, plus globalement, aux hausses de TVA. Mais cette bonne tendance retombera au premier et au deuxième trimestre 2014, avec de timides hausses (+0,1%).

> Le pouvoir d'achat se redresse

La bonne nouvelle est que pour 2013, le pouvoir d'achat des ménages va se redresser (+0,5%) après avoir connu une baisse spectaculaire l'année dernière (-0,9%).

L'Insee indique par ailleurs qu'à la mi-2014, le pouvoir d'achat sera "0,5% plus élevé qu'un an auparavant".

> L'inflation repart à la hausse

Alors que la hausse des prix a atteint un niveau très bas au mois de novembre 2013 (+0,7%), elle devrait se reprendre selon l'Insee, pour s'élever à 1,1% en juin 2014. Les hausses des taux de TVA, qui entreront en vigueur au 1er janvier, contribueront pour 0,2% à cette augmentation.

Julien Marion