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Jamais les radars automatiques n'ont rapporté autant à l'État

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- - Jean-Philippe Ksiazek - AFP

"Selon la Cour des comptes, les radars n'ont jamais autant généré de recettes fiscales. En 2015, ils ont rapporté à l'État quelque 789 millions d'euros, soit une hausse de plus de 38% depuis 2009."

Une croissance de 6,4% par an. La France en rêverait. C'est en tout cas le taux de croissance moyen des recettes fiscales liées aux amendes pour excès de vitesse relevés par les radars depuis 2009. Dans une note à paraître cette semaine, la Cour des Comptes révèle ainsi qu'en 2015 les radars ont fait gagner à l'État 789 millions d'euros, en hausse de 6,6% sur un an. Les 4.200 radars que compte notre territoire génèrent donc en moyenne un "chiffre d'affaires" de 164.000 euros. Comparée aux sommes collectées par l'État au titre de l'impôt sur le revenu en 2015, la recette reste certes modeste: à peine plus de 1%. 

Par ailleurs, ce nouveau record dans les prélèvements destinés à lutter contre la délinquance routière ne signifie pas que les Français roulent de plus en plus vite. Les radars ont paradoxalement moins flashé en 2015 qu'en 2014. Ils ont pris l'année passée 20,24 millions de photos, contre 20,37 millions un an plus tôt, selon le rapport annuel de l'Agence nationale du traitement automatisé des infractions (Antai). Mais s'ils flashent moins souvent, ils le font avec plus d'efficacité. Ainsi, entre 2005 et 2015, le "taux de conversion" de chaque cliché en contravention est passé de 46% à 66%. Ainsi lorsque vous vous faisiez flasher il y a 10 ans, vous aviez moins d'une chance sur deux de recevoir une contravention. Désormais vous avez deux chances sur trois de la recevoir. Au total, 13,31 millions de PV ont été envoyés en 2015.

Près de 20% des infractions commises par des étrangers 

Cette amélioration du taux de conversion s'explique par de meilleures performances sur le plan technologique (l'État a changé de prestataire en 2013) et surtout par la possibilité de verbaliser les véhicules étrangers suite à la signature d'accords avec les États (Allemagne et Pays-Bas principalement). Il faut savoir que près de 20% des infractions relevées par les radars sont le fait de véhicules immatriculés à l'étranger.

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Et la hausse devrait se poursuivre dans les années à venir. L'État multiplie les accords au niveau européen pour permettre de poursuivre les automobilistes étrangers (récemment l'Italie, le Portugal et Monaco). Et le gouvernement a annoncé par ailleurs en octobre dernier sa volonté de multiplier par quatre les "zones radars" en France, avec 500 nouveaux appareils installés d'ici trois ans, portant leur nombre à 4.700. Par ailleurs, 10.000 à 12.000 "leurres" destinés à susciter la méfiance des conducteurs vont être installés. Les premiers l'ont été début février dans le Pas-de-Calais. Des appareils utiles pour réduire la mortalité sur les routes mais pas pour renflouer les caisses de l'État.

Frédéric Bianchi