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Investissement d'avenir: le monde libéral se félicite

Au Medef comme dans l'opposition, les annonces du gouvernement ont plu.

Au Medef comme dans l'opposition, les annonces du gouvernement ont plu. - -

Les annonces formulées mardi 9 juillet par le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, ont plutôt convaincu les acteurs, pourtant plutôt libéraux, invités à y réagir sur BFM Business et BFM TV.

12 milliards d'euros, c'est la somme que le gouvernement compte investir dans les secteurs d'avenir, a annoncé le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, mardi 9 juillet. La moitié de cette somme sera dédiée à la transition écologique, tandis que le reste se répartira entre l'économie numérique, l'aéronautique, l'industrie, la santé ou la défense.

Invités de BFM Business ou de BFM TV, des figures du libéralisme ou de l'opposition se sont montrées enthousiastes après les annonces du chef du gouvernement. Extraits.

> Geoffroy Roux de Bézieux

Le vice-président délégué du Medef s'est dit "plutôt satisfait" au micro de Ruth Elkrief sur BFM TV. Les "secteurs concernés sont les bons, il n'y a pas d'erreurs", se félicite-t-il.

Que ces investissements soient financés "par la rigueur budgétaire, et pas par un nouvel emprunt" est par ailleurs "très très rassurant", selon Geoffroy Roux de Bézieux. Un "changement de philosophie par rapport au grand emprunt" dont il se réjouit.

Celui qui briguait la succession de Laurence Parisot avant de se rallier à Pierre Gattaz se félicite aussi qu'on s'oriente vers du co-investissement public-privé dans les secteurs d'avenir. "Le risque de l'argent public mal dépensé dans des mauvaises technologies existe toujours. Mais quand il y a de l'argent privé avec, c'est une réassurance comme quoi ces technologies vont bien voir le jour", plaide-t-il.

Seul bémol, sur la transition écologique, le fondateur de Virgin Mobile met en garde contre tout "dogmatisme" en la matière.

> Pierre Gattaz

Le président du Medef depuis quinze jours est moins enthousiaste que son numéro deux. Les 12 milliards, c'est bien, mais c'est "largement pas suffisant", regrette-t-il au micro de Jean-Jacques Bourdin sur BFM TV.

Autre point d'achoppement: les filières d'avenir sélectionnées par l'Etat. Quand son ex-challenger à la course à la présidence du Medef considère que l'Etat a fait les bons choix, le patron des patrons préfèrerait que le gouvernement ne soit pas "colbertiste". Autrement dit, qu'il se mette en retrait pour laisser les entreprises, plus compétentes à ce sujet, décider quels sont les filières à fort potentiel de croissance.

> Olivier Carré

Une fois n'est pas coutume, le député UMP du Loiret salue les annonces du Premier ministre socialiste. Le gouvernement actuel se place selon lui dans la continuité des programmes d'investissement initiés sous l'ère Sarkozy, comme le grand emprunt. "Ces plans-là s'inscrivent forcément dans le long terme, et les entreprises qui s'engagent dedans ne raisonnent pas à une échelle de temps électoral mais en décennie".

Une réserve toutefois: "rebooster" les secteurs d'avenir "ne peut pas se faire avec l'Etat d'un côté, les universités du leur, et les entreprises de l'autre". "Il est essentiel de travailler tous ensemble même si ce n'est pas toujours facile à mettre en œuvre".

Nina Godart