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Impôts: quel est le poids des grands groupes?

Les grands groupes représentent 22% des prélèvements obligatoires sur les facteurs de production

Les grands groupes représentent 22% des prélèvements obligatoires sur les facteurs de production - Olivier Laffargue BFMTV

La contribution des grandes multinationales françaises sur l'ensemble des prélèvements dépasse leurs poids réel dans l'économie, selon une étude de l'Afep citée ce lundi 9 mars par les Echos.

Les très grands groupes français paient-ils autant d'impôts qu'ils le devraient? La question a été indirectement soulevée par François Hollande. Le président de la République déclarait ainsi la semaine dernière dans les colonnes du Parisien que "Total, qui est la plus grande entreprise française, devrait à ce titre être le plus gros contribuable français".

Le groupe pétrolier, déficitaire sur ses activités en France, ne paie effectivement pas ou peu d'impôt sur les sociétés (IS) dans l'Hexagone. L'ancien PDG de Total, Christophe de Margerie aimait ainsi déclarer que le rêve de son "serait de payer plus d'impôt en France".

Pour autant, ce point particulier ne concerne que l'IS, un impôt parmi d'autres. En prenant en considération l'ensemble des contributions auxquelles sont soumis les grands groupes, la donne est différente. C'est ce que montre une étude de l'Afep, qui regroupe les grands groupes français, hors entreprises publiques, citée par les Echos ce lundi 9 mars.

Selon cette étude, réalisée par l'Afep en 2014, auprès de 88 de ses membres, la contribution des très grandes entreprises sur l'ensemble des prélèvements seraient supérieure à leur poids dans l'économie. "La part des prélèvements payés par les entreprises sondées est supérieure à leur part dans l'emploi privé global et dans la valeur ajoutée globale", considère l'Afep.

Un poids stable, malgré le CICE

D'après l'étude de l'association, les 88 groupes en question représentaient ainsi 10% de la valeur ajoutée en France, 12% de l'emploi privé contre 18% des prélèvements sur le travail, en 2014. Selon les Echos, ce dernier chiffre est stable par rapport à l'an dernier, malgré l'entrée en vigueur du CICE (crédit d'impôt compétitivité pour l'emploi).

Comme le souligne le quotidien économique, ce poids diffère néanmoins selon la nature des prélèvements. Ainsi les grandes entreprises françaises paient une part plus importante des prélèvements sur les facteurs de production (C3S, impôts locaux), avec 22%, que des prélèvements sur les bénéfices (14%). Ce qui s'explique notamment par le fait que les grandes sociétés disposent de davantage de possibilité pour optimiser leurs impôts que les petites entreprises.

En 2014, une étude du cabinet McKinsey estimait, elle, que l'écart de taxation entre les grandes entreprises et les PME était de 3,2% en 2013. Le cabinet mesurait alors l'ensemble des taxes, cotisations et impôts, rapportées au chiffre d'affaires.

J.M.