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Hollande va-t-il baisser les impôts pour les classes moyennes?

François ciblait un taux de croissance de 1,7% qui semble désormais bien éloigné

François ciblait un taux de croissance de 1,7% qui semble désormais bien éloigné - Mehdi Fehdouach - AFP

Le président de la République avait promis en juin dernier un geste fiscal pour les classes moyennes si la croissance était au rendez-vous, ciblant un taux de 1,7%. Mais avec le mauvais chiffre du deuxième trimestre, cet objectif semble désormais difficile à réaliser.

Le gouvernement effectue sa rentrée ce lundi 22 août. Et, comme souvent, le premier Conseil des ministres va être l'occasion de finaliser les derniers arbitrages budgétaires, alors que le projet de loi de Finances pour 2017 entre dans sa dernière ligne droite.

François Hollande et ses équipes planchent depuis près d'une semaine sur ce sujet. Et selon son entourage, cité par l'AFP, "un possible geste fiscal" reste d'actualité mais "dans le respect des objectifs de maîtrise des finances publiques".

François Hollande avait évoqué dès juin dernier une possible baisse d'impôt, de l'ordre de 2 milliards d'euros, qui ciblerait les classes moyennes. Le président de la République expliquait toutefois qu'il fallait des marges de manœuvres pour un tel geste. Lors de sa traditionnelle interview du 14 juillet il précisait un peu plus son propos, affirmant que ce geste ne pourrait intervenir que si le gouvernement avait la "certitude" d'une croissance supérieure en 2017 à celle de cette année et d'au moins 1,7%".

Un objectif difficilement réalisable

Problème: lorsque le président s'exprimait, l'optimisme était de mise. Le premier trimestre avait été particulièrement bon, avec une croissance de 0,7% qui laissait penser que le PIB progresserait bien plus que 1,5%, soit la prévision du gouvernement.

"Il y a bien une reprise en France et un début d'inversion de la courbe du chômage. C'est un fait indiscutable. Notre croissance sera supérieure à 1,6% cette année", s'enthousiasmait même François Hollande en juin dernier.

Sauf que la donne a clairement changé depuis. Fin juillet, l'Insee a annoncé que l'économie françaises avait du surplace au deuxième trimestre (0%), ce qui est clairement venu marquer un coup d'arrêt à l'optimisme ambiant.

La tentation électorale

Sur son blog, l'économiste de Natixis AM Philippe Waechter faisait alors remarquer qu'atteindre 1,5% de croissance ne serait déjà pas évident pour l'Hexagone.

"Pour disposer d’une croissance de 1.5% pour l’ensemble de l’année 2016 il faudrait une progression non annualisée de 0.55% au troisième et au quatrième trimestres de 2016. Ce chiffre élevé est à comparer à celui, non arrondi, de 0.66% du premier trimestre. Dès lors il est peu probable que l’économie française atteigne ce chiffre", détaillait-il.

En outre aucun institut de prévisions ne table sur 1,7% de croissance pour 2016. L'Insee anticipe 1,6%, le FMI 1,5%. Et encore, ces deux prévisions avaient été publiées avant le mauvais chiffres surprise du deuxième trimestre.

Au final, François Hollande n'a clairement pas "la certitude" que la croissance atteindra 1,7% cette année. Mais la tentation d'effectuer un nouveau cadeau à l'approche de l'élection présidentielle risque évidemment d'être grande. Quitte à laisser de côté la rigueur budgétaire…