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Finances publiques

Grand Paris: les départements d'IDF et Paris s'insurgent contre un "racket" de l'Etat

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Sept départements d'Ile-de-France ainsi que la Ville de Paris ont dénoncé ce vendredi ce qu'ils estiment être un "racket organisé par l'Etat", après le vote la veille par les députés d'une ponction (surprise) sur leurs recettes de 75 millions d'euros.

Ils ont décidé de ne plus siéger au conseil de surveillance de la Société du Grand Paris (SGP). Ils? Ce sont les sept départements franciliens ainsi que la Ville de Paris qui ont dénoncé vendredi un "racket organisé par l'Etat", après le vote effectué la veille par les députés d'une ponction sur leurs recettes de 75 millions d'euros.

Dans un communiqué, ils ont indiqué qu'ils ne pouvaient "plus compenser un énième désengagement de l'Etat de ses prérogatives". En l'absence de l'abandon de cette mesure, ils ont donc décidé "de ne plus siéger au conseil de surveillance de la SGP".

Jeudi, l'Assemblée nationale avait en effet voté un amendement du gouvernement visant à prélever une fraction des recettes perçues par les départements franciliens au titre des "droits de mutation à titre onéreux" (DMTO). L'objectif étant de financer le Grand Paris Express, le projet de métro automatique autour de Paris.

Engager une véritable concertation

Pour marquer d'autant plus leur opposition, les départements et la Ville de Paris envisagent par ailleurs un "retrait financier, dans les mêmes proportions que les ponctions réalisées, sur les actions et projets qu'ils cofinancent avec l'Etat ou financent déjà à sa place", ont-ils indiqué.

Ils ont enfin invité vendredi le gouvernement "à se ressaisir et à engager une véritable concertation permettant d'aboutir à des solutions au bénéfice de la mobilité des Franciliennes et des Franciliens".

L'amendement de "dernière minute" au projet de loi de finances avait provoqué jeudi la colère de certains députés, notamment d'Ile-de-France. Le montant du prélèvement étant fixé à 75 millions d'euros en 2020 et à 60 millions par an à partir de 2021.

75 millions d'euros, c'est "une petite partie" de DMTO en augmentation de "plus d'un milliard d'euros" en IDF en 2018, a fait valoir de son côté le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin.

La faute au Grand Paris Express

La facture du Grand Paris Express, un métro de 200 kilomètres qui doit être construit d'ici 2030, a de fait explosé ces dernières années pour atteindre 35 milliards d'euros.

"Outre la méthode indigne et insupportable, qui s'apparente à du vol, cette ponction interroge sur la capacité de l'Etat à tenir ses engagements sur les projets de transports pourtant indispensables", ont conclu les départements et la Ville de Paris dans leur communiqué.

J.C-H avec AFP