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Emploi: le CICE ne fera pas de miracle, selon l'Insee

Les entreprises risquent avant tout d'utiliser le CICE pour redresser leur situation financière.

Les entreprises risquent avant tout d'utiliser le CICE pour redresser leur situation financière. - -

Dans sa dernière note de conjoncture, publiée le 19 décembre dernier, l'institut se penche plus particulièrement sur les effets du crédit d'impôt compétitivité pour l'emploi. Il explique que le mécanisme devrait baisser le coût moyen du travail de 2,7% au 1er janvier mais créera, au total, moins de 300.000 postes.

Le Crédit d'impôt compétitivité pour l'emploi (CICE) ne provoquera pas de choc sur le front de l'emploi. C'est, en résumé, ce qu'indique l'Insee dans sa dernière note de conjoncture, publiée le 19 décembre.

Dans ce document, l'institut dresse un éclairage sur ce dispositif qui consiste, pour les entreprises, en une réduction d'impôt proportionnelle à la masse salariale, dans la limite de 2,5 Smic. "Sur cette assiette, la subvention est de 4%, pour les rémunération versées au titre de 2013 et de 6%" pour celles de 2014, l'année de plein effet du mécanisme, souligne l'institut qui rappelle que le dernier chiffre représente 20 milliards d'euros.

De fait, l'Insee s'attache à relativiser les conséquences pour l'emploi du CICE. Il explique ainsi que les créations de postes dues à ce crédit d'impôt seront "à long terme" inférieures à 300.000. Or c'est justement le chiffre que vise Jean-Marc Ayrault d'ici à 2017.

Sur des périodes plus proches, l'Insee indique tabler sur 30.000 créations d'emploi en 2013, puis 15.000 au premier trimestre 2014.

Une baisse du coût du travail de 2,7%

Pourtant l'Insee confirme que le CICE devrait bien avoir certaines répercussions positives pour les entreprises. Il évoque une baisse du coût du travail moyen de 2,7% au 1er janvier 2014 qui permettra aux sociétés de redresser leurs taux de marge à hauteur de 1,8 point "soit la moitié de la baisse qui aura été enregistrée entre 2007 et 2013".

A partir de l'amélioration de leur situation financière, les entreprises peuvent ensuite redistribuer ces gains à l'économie via quatre canaux: une baisse de leurs prix, une augmentation de leurs embauches et /ou de leur salaires ou encore une hausse de leurs dépenses d'investissement.

Des obstacles

Mais voilà, tout ceci reste théorique. Car en pratique l'Insee explique que si ces quatre leviers d'actions seront bien actionnés, leurs effets vont être limités pour plusieurs raisons. L'institut précise tout d'abord que les entreprises ont connu une chute prononcée de leurs marges depuis 2008 et pourront ainsi être incitées à utiliser avant tout le CICE pour laisser leur situation financière se redresser.

Ensuite, le fait que le paiement de ce crédit d'impôt soit décalé risque de conduire certaines sociétés à différer leurs embauches "parce qu'elles sont contraintes sur leur trésorerie ou ont des difficultés ou des réticences à accroître leur endettement", écrit l'Insee. Enfin, l'institut évoque des questions de comptabilité qui empêcheraient les sociétés de pouvoir lire concrètement les effets du CICE sur leur bilan. Ce dernier problème serait toutefois moins important à long terme.

Julien Marion