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Edouard Philippe écarte une baisse d'impôts pour les entreprises

Les impôts de production supportés par les entreprises ne seront pas revus à la baisse dans le prochain budget du fait d'un "environnement contraint" a expliqué le Premier ministre.

Le Premier ministre français Edouard Philippe a écarté lundi de nouvelles baisses d'impôts dits de production pour les entreprises avant 2020, invoquant "un environnement contraint" au niveau budgétaire et la nécessité de concertation préalable avec les collectivités territoriales.

Les impôts de production sont des taxes supportées par les entreprises indépendamment de la quantité ou de la valeur des biens et services qu'elles produisent ou vendent, par exemple sur le foncier. Ils sont globalement plus élevés en France que dans d'autres pays européens comme l'Allemagne ou l'Italie.

"Nous sommes dans un environnement contraint. Au fur et mesure que des marges de manoeuvre se dégageront, nous pourrons nous engager à réduire dans une certaine proportion la fiscalité de production", a déclaré le Premier ministre, disant toutefois ne pas croire que cela puisse être inclus dès la loi de finances de 2019.

1,5 milliard d'impôt en moins d'ici 2022

L'autre contrainte, "c'est la discussion avec les collectivités territoriales sur les effets que pourraient avoir la diminution de la fiscalité de production sur leur situation", a souligné M. Philippe lors d'un point presse à Matignon, à l'issue d'une réunion du Conseil national de l'industrie.

Une réduction dès l'an prochain des impôts sur la production est déjà prévue par la future loi Pacte pour la croissance des entreprises, notamment en supprimant le seuil fiscal des 20 salariés.

L'ensemble des mesures déjà prévues réduira les impôts de production "d'environ 1,5 milliard d'euros d'ici à la fin du quinquennat", a rappelé lundi M. Philippe.

Former plus de salariés de l'industrie

Sur le volet de la formation, le Premier ministre a acté lundi le déblocage de 670 millions d'euros pour permettre 148.700 entrées en formation dès cette année, en particulier dans des métiers où l'industrie peine à recruter: chaudronniers, usineurs, mécatroniciens ou encore électroniciens.

"On dit que 40% des recrutements industriels sont jugés difficiles en raison d'un manque de main-d'oeuvre. C'est une limite considérable au redémarrage économique français, à la compétitivité française, c'est aussi quelque chose de choquant compte tenu du niveau du chômage en France", a estimé M. Philippe. "C'est l'urgence", a-t-il insisté.

Ce financement s'inscrit dans le cadre du programme d'investissement dans les compétences (PIC), annoncé à l'automne dernier et doté de 15 milliards d'euros sur 5 ans.

La rédaction avec AFP