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Dessertine : « Les subprimes : trop de dette, pas assez de richesse »

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Philippe Dessertine, professeur de finances et directeur de l’Institut des hautes finances, est revenu sur la crise des subprimes et la dette américaine.

Le professeur de finances et directeur de l'Institut des hautes finances Philippe Dessertine est revenu mardi 15 juillet sur la crise des subprimes qui a touché l'économie mondiale il y a un an : « Les subprimes, c'est un problème de l'économie qui avait, au niveau mondial et notamment américain, grossi plus vite qu'elle ne produisait de la richesse. Il y avait beaucoup d'argent dans l'économie américaine, provenant d'une énorme dette, provoquée par l'Etat américain d'une part et par l'ensemble des opérateurs économiques, qui avaient énormément créé de monnaie, de dollars, en émettant de la dette. Et à côté on ne créait pas de richesses. Donc cette énorme monnaie en circulation a dû se positionner sur des secteurs. Le secteur sur lequel elle s'est positionnée a été notamment l'immobilier. À partir du moment où vous avez beaucoup de richesses qui cherchent à se positionner dans l'économie, elles vont se placer sur un secteur, comme l'immobilier par exemple. Il a donc commencé à croître en valeur, c'est l'emballement de la bulle immobilière ».

« On conçoit bien qu'il y a un problème dans le système : quand vous avez une création de dette comme ça, de manière excessive, alors qu'en face, le pays ne crée pas de richesse, vous allez avoir une distorsion qui va se mettre en place, qui est l'origine de la crise, classique en économie. En l'occurrence, l'énorme dette émise par les Etats-Unis a été créée par la richesse créée à côté par la Chine et par les pays émergents, qui achetaient la dette américaine pour essayer de compenser par leur création de richesses cette création de monnaie absolument aberrante que faisaient les Etats-Unis. Au bout d'un certain temps, le lien casse et c'est ce qui s'est produit en 2007 et ça s'est toujours produit en économie, quand on produit trop de monnaies, quand on est en déficit, et qu'on ne crée pas de richesse, il y a une crise à un moment donné ».

« Ça signifie que pendant des années, les Américains avaient pu augmenter leur consommation, et leur croissance était fondée sur cette dette qui sans arrêt croissait, sur la base de la richesse créée par les pays émergents. Donc tout d'un coup, on commence à serrer les cordons de la bourse, en disant que l'on ne consomme plus, et c'est ce qui commence à se passer aux Etats-Unis ».

La rédaction-Bourdin & Co