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Déficit public en baisse, mais toujours rien à redistribuer

Même si le déficit s'est réduit plus que prévu, à 2,6% en 2017, la dette publique continue d'augmenter et atteint 97% du PIB.

La France est enfin passée sous la barre des 3% de déficit public, et haut la main. Celui-ci s'élève à 2,6% du PIB en 2017 selon l'Insee, contre 2,9% attendus. 

Cette bonne nouvelle est dû à la reprise de l'économie partout dans le monde et qui n'a pas oublié la France, cette dernière affichant une croissance de 2% en 2017. Ces résultats ont permis à l'administration d'augmenter ses recettes fiscales. Par ailleurs, les taux bas sur les marchés, conséquence de la politique monétaire accommodante de la BCE, permettent à l'Etat de se débarrasser de ses vieux emprunts coûteux, pour les remplacer par d'autres moins chers.

59,3 milliards d'euros 

Ce passage sous les 3%, inédit depuis dix ans, ouvre-t-il la possibilité au gouvernement de redistribuer ces gains inattendus? Avant même que l'Insee ne publie ces résultats, des députés de la majorité évoquaient déjà la question de la cagnotte fiscale. L'idée est de se servir des rentrées d'argent pour financer des mesures en faveur du pouvoir d'achat.

Des voix se sont élevées pour critiquer ce principe, notamment le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau. "Il n’y a rien en France qui ressemble à une cagnotte, il y a un trou", s'était-il exclamé le 15 mars sur BFM Business, rappelant que la France détient "la dette publique la plus élevée d’Europe après l’Italie" et "le déficit public le plus élevé d’Europe". "Il est urgent de diminuer nos dépenses publiques."

Ces 2,6% de déficit public représentent tout de même 59,3 milliards d'euros qui sont venus s'ajouter à la dette publique qui, elle, continue d'augmenter (+0,4% du PIB) et atteint désormais 97% du PIB. Pour mémoire, le déficit public en zone euro s'élevait à 1,5% en 2016. L'Allemagne affiche un excédent depuis 2014.

Sortir de la procédure pour déficit excessif

L'objectif de la France est de sortir de la procédure pour déficit excessif. L'Hexagone est le dernier pays, avec l'Espagne, à y être soumis. Le Commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, a estimé ce lundi que la réduction du déficit est "une bonne nouvelle" et qu'"une étape importante est franchie vers la sortie de la France de la procédure de déficit excessif".

La Commission prendra sa décision en mai prochain, sur la base des chiffres 2017 et des prévisions pour 2018 et 2019. "A cet égard, la réduction de la dette publique à travers la baisse des déficits structurels reste une priorité", a poursuivi le commissaire européen. Il reste donc encore du chemin avant de crier victoire et d'espérer une éventuelle redistribution de gains.